c’est-à-dire l’écoute du cœur, non la simple perception d’un son ; ailleurs, Il déclare qu’ils ne voient pas. Tout cela prouve donc que la mécréance implique nécessairement l’ignorance ; elle est incompatible avec la science et ne saurait coexister avec elle.
C’est pourquoi Allah — exalté soit-Il — qualifie les mécréants d’ignorants, comme dans Sa parole : « Les serviteurs du Tout-Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre ; lorsque les ignorants les interpellent, ils disent : “Paix !” » (Al-Furqân 63) ; ou encore : « Lorsqu’ils entendent des paroles futiles, ils s’en détournent et disent : “À nous nos œuvres et à vous les vôtres ; paix sur vous ! Nous ne recherchons pas la compagnie des ignorants.” » (Al-Qaṣaṣ 55) ; et : « Prends ce qui est pardonnable, ordonne ce qui est convenable et détourne-toi des ignorants. » (Al-Aʿrâf 199). Quant au Prophète ﷺ, lorsque son peuple lui fit subir de tels outrages, il dit : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas. » (1)
Les deux Ṣaḥīḥ rapportent également qu’il a dit : « À celui à qui Allah veut du bien, Il accorde la compréhension de la religion. » (2) Ce hadith montre que la compréhension profonde de la religion est indissociable de la volonté divine de faire du bien à Son serviteur. On ne saurait objecter : « Le hadith énonce seulement que, lorsqu’Allah veut du bien à quelqu’un, Il lui accorde cette compréhension, sans pour autant prouver que toute personne qui la possède est forcément l’objet de Sa bienveillance. » Votre argument ne tiendrait que sur cette seconde hypothèse, que le hadith n’impose nullement. En effet, le Prophète ﷺ a fait de la compréhension de la religion un signe manifeste de la bienveillance divine envers celui qui la détient ; et un signe renvoie nécessairement à ce qu’il indique, sans jamais s’en dissocier.