Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

c’est-à-dire l’écoute du cœur, non la simple perception d’un son ; ailleurs, Il déclare qu’ils ne voient pas. Tout cela prouve donc que la mécréance implique nécessairement l’ignorance ; elle est incompatible avec la science et ne saurait coexister avec elle.

C’est pourquoi Allah — exalté soit-Il — qualifie les mécréants d’ignorants, comme dans Sa parole : « Les serviteurs du Tout-Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre ; lorsque les ignorants les interpellent, ils disent : “Paix !” » (Al-Furqân 63) ; ou encore : « Lorsqu’ils entendent des paroles futiles, ils s’en détournent et disent : “À nous nos œuvres et à vous les vôtres ; paix sur vous ! Nous ne recherchons pas la compagnie des ignorants.” » (Al-Qaṣaṣ 55) ; et : « Prends ce qui est pardonnable, ordonne ce qui est convenable et détourne-toi des ignorants. » (Al-Aʿrâf 199). Quant au Prophète ﷺ, lorsque son peuple lui fit subir de tels outrages, il dit : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas. » (1)

Les deux Ṣaḥīḥ rapportent également qu’il a dit : « À celui à qui Allah veut du bien, Il accorde la compréhension de la religion. » (2) Ce hadith montre que la compréhension profonde de la religion est indissociable de la volonté divine de faire du bien à Son serviteur. On ne saurait objecter : « Le hadith énonce seulement que, lorsqu’Allah veut du bien à quelqu’un, Il lui accorde cette compréhension, sans pour autant prouver que toute personne qui la possède est forcément l’objet de Sa bienveillance. » Votre argument ne tiendrait que sur cette seconde hypothèse, que le hadith n’impose nullement. En effet, le Prophète ﷺ a fait de la compréhension de la religion un signe manifeste de la bienveillance divine envers celui qui la détient ; et un signe renvoie nécessairement à ce qu’il indique, sans jamais s’en dissocier.

(1) Rapporté par Ibn Abî ‘Âṣim dans al-Âḥâd wa-l-Mathânî, 4/123 ; par Ya‘qûb b. Sufyân dans al-Maʿrifa wa-t-Târîkh, 1/338 ; par al-Ṭabarânî dans al-Kabîr, 6/120, etc., d’après Sahl b. Saʿd, avec une chaîne jugée bonne. Ibn Ḥibbân l’a authentifié (n° 973). Al-Haythamî note dans Majmaʿ al-Zawâʾid, 6/117 : « Ses rapporteurs sont ceux du Ṣaḥîḥ. » (2) Al-Bukhârî, n° 71, et Muslim, n° 1037, d’après Muʿâwiya.
وهو سمعُ القلب، لا إدراكُ الصوت ــ، وتارةً بأنهم لا يبصرون؛ فدلَّ ذلك كلُّه على أنَّ الكفر مستلزمٌ للجهل، منافٍ للعلم لا يُجامِعه. ولهذا يصفُ اللهُ سبحانه الكفارَ بأنهم جاهلون؛ كقوله تعالى: ﴿وَعِبَادُ الرَّحْمَنِ الَّذِينَ يَمْشُونَ عَلَى الْأَرْضِ هَوْنًا وَإِذَا خَاطَبَهُمُ الْجَاهِلُونَ قَالُوا سَلَامًا﴾ [الفرقان: ٦٣]، وقوله تعالى: ﴿وَإِذَا سَمِعُوا اللَّغْوَ أَعْرَضُوا عَنْهُ وَقَالُوا لَنَا أَعْمَالُنَا وَلَكُمْ أَعْمَالُكُمْ سَلَامٌ عَلَيْكُمْ لَا نَبْتَغِي الْجَاهِلِينَ﴾ [القصص: ٥٥]، وقوله تعالى: ﴿خُذِ الْعَفْوَ وَأْمُرْ بِالْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ﴾ [الأعراف: ١٩٩]، وقال النبيُّ ﷺ لمَّا بلغ قومُه من أذاه ذلك المبلغ: «اللهمَّ اغفر لقومي، فإنهم لا يعلمون» (١). وفي «الصحيحين» عنه: «من يُرِد الله به خيرًا يفقِّهه في الدين» (٢)؛ فدلَّ على أنَّ الفقهَ مستلزمٌ لإرادة الله الخيرَ في العبد، ولا يقال: الحديثُ دلَّ على أنَّ من أراد الله به خيرًا فقَّهه في الدين، ولا يدلُّ على أنَّ كلَّ من فقَّهه في الدين فقد أراد به خيرًا، وبينهما فرق، ودليلُكم إنما يتمُّ بالتقدير الثاني، والحديثُ لا يقتضيه= لأنَّا نقول: النبيُّ ﷺ جعل الفقهَ في الدين دليلًا وعلامةً على إرادة الله بصاحبه خيرًا، والدليلُ يستلزمُ المدلول ولا يتخلَّفُ
(١) أخرجه ابن أبي عاصم في «الآحاد والمثاني» (٤/ ١٢٣)، ويعقوب بن سفيان في «المعرفة والتاريخ» (١/ ٣٣٨)، والطبراني في «الكبير» (٦/ ١٢٠)، وغيرهم من حديث سهل بن سعد بإسنادٍ حسن. وصححه ابن حبان (٩٧٣). وقال الهيثمي في «المجمع» (٦/ ١١٧): «ورجاله رجال الصحيح». (٢) «البخاري» (٧١)، و «مسلم» (١٠٣٧) عن معاوية.

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