De même, Sa parole, décrivant les mécréants : « Sourds, muets, aveugles ; ils ne raisonnent donc pas » (Al-Baqarah 171), puis : « Allah a apposé un sceau sur leurs cœurs, si bien qu’ils ne comprennent point » (At-Tawbah 93), et encore : « Allah a scellé leurs cœurs, leur ouïe, et un voile recouvre leurs yeux » (Al-Baqarah 7). Les trois voies par lesquelles la connaissance parvient à l’homme se trouvent ainsi fermées pour eux (1).
Il en va de même pour Sa parole : « Vois-tu celui qui prend pour divinité sa passion ? Allah l’égare sciemment, Il scelle son ouïe et son cœur, et place un voile sur sa vue. Qui donc le guidera après Allah ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? » (Al-Jâthiyah 23).
À propos de l’expression : « Allah l’égare sciemment », Saʿîd ibn Jubayr a dit : « c’est-à-dire selon la science qu’Allah — exalté soit-Il — a de lui » (2). Al-Zajjâj (3) a expliqué : « autrement dit, conformément à ce qui, dans la science d’Allah, était déjà arrêté avant même qu’Il ne le crée, à savoir qu’il serait égaré. » — « Il scelle son ouïe » : Il la marque d’un sceau de sorte qu’il n’écoute pas la bonne direction ; — « [Il scelle] son cœur » : de sorte qu’il ne saisit pas la guidée ; — « et place un voile sur sa vue » : si bien qu’il n’aperçoit aucun des moyens menant à la guidée.
De tels passages abondent dans le Coran ; ils montrent que l’égarement est incompatible avec la vraie science. Ainsi, Il dit : « Parmi eux, certains t’écoutent ; mais, lorsqu’ils te quittent, ils demandent à ceux qui ont reçu la science : “Qu’a-t-il donc dit à l’instant ?” Ceux-là sont ceux dont Allah a scellé les cœurs et qui suivent leurs passions. » (Muhammad 16). S’ils avaient réellement su ce que le Messager ﷺ venait de dire, ils n’auraient pas interrogé les gens de science à ce sujet, et leurs cœurs n’auraient pas été scellés.