aucune influence sur l’objet connu, et elle n’en est pas davantage une condition.
Ainsi, chacun des deux groupes n’a considéré la question que de manière partielle avant d’énoncer une conclusion générale ; c’est un point sur lequel beaucoup se trompent. Les deux formes de science constituent pourtant un attribut de perfection, et leur absence compte parmi les plus grands manquements.
Pour l’éclairer :
81ᵉ aspect : l’excellence d’une chose se reconnaît à son contraire.
(1) Car l’opposé fait ressortir la beauté de l’opposé ;
(2) C’est par leurs contraires que les choses se distinguent.
Il ne fait aucun doute que l’ignorance est la racine de toute corruption ; tout préjudice qui atteint le serviteur, ici-bas comme dans l’au-delà, est le fruit de l’ignorance. Supposons, par exemple, que l’on sache avec certitude qu’un aliment est empoisonné et que quiconque en mange verra ses entrailles déchirées à un moment déterminé : personne ne se risquera à le consommer. Et si, par hypothèse, quelqu’un s’y résout sous la pression d’une faim extrême ou pour hâter sa mort, c’est encore parce qu’il sait que le fait de le manger sert le but qu’il poursuit.