Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

aucune influence sur l’objet connu, et elle n’en est pas davantage une condition.

Ainsi, chacun des deux groupes n’a considéré la question que de manière partielle avant d’énoncer une conclusion générale ; c’est un point sur lequel beaucoup se trompent. Les deux formes de science constituent pourtant un attribut de perfection, et leur absence compte parmi les plus grands manquements.

Pour l’éclairer :

81ᵉ aspect : l’excellence d’une chose se reconnaît à son contraire.
(1) Car l’opposé fait ressortir la beauté de l’opposé ;
(2) C’est par leurs contraires que les choses se distinguent.

Il ne fait aucun doute que l’ignorance est la racine de toute corruption ; tout préjudice qui atteint le serviteur, ici-bas comme dans l’au-delà, est le fruit de l’ignorance. Supposons, par exemple, que l’on sache avec certitude qu’un aliment est empoisonné et que quiconque en mange verra ses entrailles déchirées à un moment déterminé : personne ne se risquera à le consommer. Et si, par hypothèse, quelqu’un s’y résout sous la pression d’une faim extrême ou pour hâter sa mort, c’est encore parce qu’il sait que le fait de le manger sert le but qu’il poursuit.

(1) Second hémistiche d’un vers dont le premier dit : « Deux contraires, une fois réunis, se sont embellis… ». Le vers appartient à la brillante qaṣîda connue sous le nom d’« al-Yatîma ». Son attribution fait l’objet de nombreuses discussions ; deux poètes l’ont principalement revendiquée : Abû l-Shîṣ al-Khuzaʿî (Diwân, p. 136) et ʿAlî b. Jabala al-ʿAkawwâk (Poésies réunies, p. 116). Le poème a par ailleurs été publié isolément. Voir : Fihrasa d’Ibn Khayr, p. 401 ; Buhûth wa taḥqîqât d’al-Maymanî, t. 1, p. 455 ; al-Qaṣîda al-Yatîma, éd. Munjid. (2) Second hémistiche d’un vers d’al-Mutanabbî (Diwân, p. 117) dont le premier hémistiche est : « Leur compagnon de coupe, et c’est par eux que nous avons connu son mérite… ».
يؤثِّرُ في المعلوم، ولا هو شرطٌ فيه. فكلٌّ من الطائفتين نظرَت جزئيًّا وحكمَت كليًّا، وهذا موضعٌ يغلطُ فيه كثيرٌ من الناس، وكلا القسمين من العلم صفةُ كمال، وعدمُه من أعظم النقص. يوضحُه: الوجه الحادي والثمانون: أنَّ فضيلةَ الشيء تُعْرَفُ بضدِّه. * فالضِّدُّ يُظْهِرُ حُسْنَه الضِّدُّ * (١) * وبضدِّها تتبيَّنُ الأشياءُ * (٢) ولا ريب أنَّ الجهلَ أصلُ كلِّ فساد، وكلُّ ضررٍ يلحقُ العبدَ في دنياه وأخراه فهو نتيجةُ الجهل، وإلا فمع العلم التامِّ بأنَّ هذا الطعام ــ مثلًا ــ مسمومٌ مَنْ أكلَه قطَّعَ أمعاءه في وقتٍ معيَّن، لا يُقْدِمُ على أكله، وإن قُدِّرَ أنه أقدمَ عليه لغلبة جوعٍ أو استعجال وفاةٍ فهو لعلمه بموافقة أكله لمقصوده
(١) عجزُ بيتٍ، صدرُه: * ضِدَّان لما استجمعا حَسُنَا * من القصيدة الفائقة المشهورة بـ «اليتيمة». وفي نسبتها تنازعٌ وخلافٌ كثير، وغَلَبَ عليها شاعران: أبو الشِّيص الخزاعي، وهي في ديوانه (١٣٦)، وعلي بن جبلة العكوَّك، وهي في شِعره المجموع (١١٦). ونُشِرَت مفردة. وانظر: «فهرسة ابن خير» (٤٠١)، و «بحوث وتحقيقات» للميمني (١/ ٤٥٥)، و «القصيدة اليتيمة» للمنجد. (٢) عجزُ بيتٍ للمتنبي في ديوانه (١١٧). وصدرُه: * ونَذِيمهم وبهم عرفنا فضله *

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