aux hommes, afin qu’ils y fassent vivre Son Nom – acte qui découle naturellement de l’amour qu’on Lui porte et du contentement éprouvé en Lui et pour Lui. C’est pour cette raison que le jihad fut prescrit et qu’il fut ordonné de trancher le cou à celui qui Le rejette et préfère un autre à Lui ; pour celui-là, une demeure d’abaissement lui est réservée, éternelle, dans l’au-delà. Autour de cette cause suprême, la religion a été édifiée, la qibla établie ; elle constitue le pivot autour duquel tournent la création et l’ordre tout entiers.
Or, on n’y accède que par la porte de la science, car l’amour d’une chose est le fruit de la conscience qu’on en a. Les créatures qui connaissent le mieux Allah sont celles qui L’aiment le plus ; quiconque connaît Allah L’aime, et quiconque connaît ce bas monde et ses gens s’en détourne.
La science ouvre donc cette vaste porte, qui est le secret même de la création et de l’ordre, ainsi qu’on l’expliquera, si Allah le veut.
Soixante-dix-neuvième aspect : le plaisir que l’on goûte auprès de l’être aimé s’intensifie ou s’affaiblit selon la force de l’amour ; plus l’amour est puissant, plus la jouissance est grande. Ainsi, l’assoiffé savoure d’autant plus l’eau fraîche que sa soif est ardente, et il en va de même pour l’affamé. De même, celui qui aime une chose ne jouit d’elle qu’à la mesure de l’amour qu’il lui porte. Or, l’amour dépend de la connaissance que l’on a de l’être aimé et de la perception de sa beauté, intérieure et extérieure. Le délice de contempler Allah après la rencontre avec Lui sera donc proportionnel à la vigueur de l’amour et du désir que l’on nourrit pour Lui, lesquels reposent eux-mêmes sur la connaissance de Sa personne et de Ses attributs parfaits.
Il s’ensuit que la science est la voie la plus directe menant aux jouissances les plus sublimes. Cela sera démontré plus loin, si Allah le veut.
Quatre-vingtième aspect : tout ce qui n’est pas Allah dépend de la science et ne peut se maintenir sans elle ; l’existence se divise en deux catégories : l’existence de la création et l’existence du commandement. La création comme le commandement tirent leur source de la science et de la sagesse du Seigneur ; tout ce que renferme l’existence, sous la forme de création ou de commandement, émane de Sa science et de Sa sagesse, de sorte que les cieux et la terre ne se sont dressés, ni