Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

– et, ce faisant, de son âme ; il ne connaît plus sa véritable nature ni ses intérêts, il oublie même ce qui assurerait sa rectitude et sa réussite dans ce monde et dans l’au-delà. Il se retrouve ainsi désœuvré, laissé-pour-compte, semblable à du bétail en pâture ; les bêtes sont parfois mieux avisées de ce qui leur est profitable que lui, car elles demeurent sur la guidance parfaite que leur a accordée leur Créateur. Quant à cet homme, il a quitté la saine disposition (fitra) sur laquelle il fut formé ; il a oublié son Seigneur et Celui-ci l’a fait sombrer dans l’oubli de son âme, de ses qualités, et de tout ce qui peut la parfaire, l’élever et la rendre heureuse ici-bas et dans l’au-delà.

Allah, le Très-Haut, dit : « Ne suis pas celui dont Nous avons rendu le cœur indifférent à Notre rappel, qui suit sa passion, et dont la conduite est toute inconsidération » (sourate al-Kahf, 18 : 28). Parce qu’il s’est détourné du rappel de son Seigneur, sa situation et son cœur se sont disloqués : il ne prête plus aucune attention à son intérêt, à son perfectionnement, ni à ce qui élève son âme et son cœur ; son cœur est dispersé, abandonné, son affaire est en débandade, perplexe, il ne trouve plus de voie (1).

En somme, la connaissance d’Allah est la racine de toute science ; elle fonde la science par laquelle le serviteur perçoit son bonheur, son accomplissement et les intérêts de sa vie d’ici-bas comme de l’au-delà. L’ignorer implique forcément l’ignorance de soi, de ses intérêts, de sa perfection et de ce qui purifie l’âme et la mène à la réussite. Connaître Allah est la félicité du serviteur ; L’ignorer est la source même de sa misère.

Pour éclairer davantage cette idée :

Soixante-dix-huitième aspect : rien n’est pour le serviteur plus savoureux, plus doux, plus paisible ni plus agréable à son cœur et à son existence que l’amour de Celui qui l’a façonné et créé, la constance dans Son rappel et la quête de Son agrément.

Telle est la perfection sans laquelle aucune perfection n’existe pour l’homme ; pour elle furent créés les êtres, pour elle fut révélé le message, envoyés les messagers, élevés les cieux et la terre, établis le Paradis et l’Enfer, promulguées les lois sacrées, édifiée la Maison sacrée, et le pèlerinage vers elle fut rendu obligatoire

(1) Voir Ibn al-Qayyim, Al-Wâbil al-Sayyib, p. 93, 104 et 105.
ونفسَه، فلم يعرف حقيقتَه ولا مصالحه، بل نسي ما به صلاحُه وفلاحُه في معاشه ومعاده، فصار معطَّلًا مهملًا بمنزلة الأنعام السائمة، بل ربما كانت الأنعامُ أخبَر بمصالحها منه؛ لبقائها على هداها التامِّ الذي أعطاها إياه خالقُها، وأمَّا هذا فخرج عن فطرته التي خُلِقَ عليها، فنسي ربَّه، فأنساه نفسَه وصفاتها، وما تكمُل به وتزكو به وتسعدُ به في معاشها ومعادها. قال الله تعالى: ﴿وَلَا تُطِعْ مَنْ أَغْفَلْنَا قَلْبَهُ عَنْ ذِكْرِنَا وَاتَّبَعَ هَوَاهُ وَكَانَ أَمْرُهُ فُرُطًا﴾ [الكهف: ٢٨]، فغفَل عن ذكر ربِّه، فانفرط عليه أمرُه وقلبُه، فلا التفات له إلى مصالحه وكماله وما تزكو به نفسُه وقلبُه، بل هو مشتَّتُ القلب مُضيَّعُه، منفرطُ الأمر حيرانُ لا يهتدي سبيلًا (١). والمقصودُ أنَّ العلمَ بالله أصلُ كلِّ علم، وهو أصلُ علم العبد بسعادته وكماله ومصالح دنياه وآخرته، والجهلُ به مستلزمٌ للجهل بنفسه ومصالحها وكمالها وما تزكو به وتفلحُ به، فالعلمُ به سعادةُ العبد، والجهلُ به أصلُ شقاوته. ويزيده إيضاحًا: الوجه الثامنُ والسبعون: أنه لا شيء أطيبُ للعبد ولا ألذُّ ولا أهنأُ ولا أنعمُ لقلبه وعيشه من محبة فاطره وباريه، ودوام ذكره، والسعي في مرضاته. وهذا هو الكمالُ الذي لا كمال للعبد بدونه، وله خُلِقَ الخلق، ولأجله أُنزِل الوحي، وأُرسِلَت الرسل، وقامت السمواتُ والأرض، ووُجِدَت الجنةُ والنار، ولأجله شُرِعَت الشرائع، ووُضِعَ البيتُ الحرام، ووجبَ حجُّه على
(١) انظر: «الوابل الصيب» (٩٣، ١٠٤، ١٠٥).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies