car le serviteur a besoin de connaître la vérité qui agrée à Allah dans chacun de ses mouvements, extérieurs comme intérieurs. Lorsqu’il l’a comprise, il a encore besoin que son Seigneur lui inspire le dessein de cette vérité, qu’Il fasse naître cette volonté dans son cœur, puis qu’Il lui donne la capacité de la mettre à exécution.
Il est manifeste que ce que le serviteur ignore dépasse de très loin ce qu’il sait, et que, pour tout ce qu’il reconnaît comme vrai, son âme ne se porte pas spontanément à le vouloir ; et, même s’il le voulait (1), il serait incapable d’en accomplir une grande partie. Il est donc, à chaque instant, dans la nécessité absolue d’une guidée qui concerne le passé, le présent et l’avenir.
Pour ce qui est du passé, il lui faut demander des comptes à son âme : s’il a agi avec justesse, qu’il remercie Allah et persévère ; s’il s’en est écarté, qu’il se repente devant Allah, implore Son pardon et se résolve à ne plus y revenir.
Quant à la guidée pour le présent, elle lui est tout aussi indispensable (2), car il est « fils de son instant » : il doit connaître le jugement des actes qu’il accomplit — sont-ils conformes ou fautifs ?
Quant à l’avenir, son besoin de guidée y apparaît plus évident encore, afin que sa marche demeure sur la voie.
Si telle est la nature de la guidée, il devient clair que le serviteur en a un besoin plus pressant que toute autre chose, et que l’objection formulée par certains — « puisque nous sommes déjà guidés, pourquoi donc demanderions-nous à Allah de nous guider ? N’est-ce pas là chercher à obtenir ce que nous possédons déjà ? » — est la plus déplorable et la plus éloignée du bon sens ; elle prouve que son auteur n’a pas compris la notion de guidée, n’en a saisi ni la réalité ni la portée. C’est pourquoi d’aucuns se sont donné la peine d’y répondre en avançant que