de la foi ou de ses préceptes, ne fût-ce que le temps d’un seul souffle, il se corrompt et court à sa perte ; et l’on ne peut s’en préserver que par le savoir, dont la nécessité dépasse celle de la nourriture et de la boisson.
L’imâm Aḥmad a exprimé exactement cette idée : « Les gens ont plus besoin du savoir qu’ils n’ont besoin de nourriture et de boisson, car l’on réclame à manger et à boire une ou deux fois par jour, tandis que le savoir est requis à chaque instant. » (1)
Soixante-douzième aspect : le détenteur du savoir se fatigue et travaille moins, mais obtient une récompense plus grande.
Observe-le dans la vie courante : les artisans et les ouvriers exécutent eux-mêmes des tâches pénibles, alors que le maître instructeur reste assis, leur ordonne, leur interdit, leur montre la manière d’accomplir l’ouvrage, et il perçoit un salaire bien supérieur au leur.
Le Prophète ﷺ a fait allusion à cette réalité en disant : « La meilleure des œuvres est la foi en Allah, puis le jihâd. » (2)
Le jihâd implique de sacrifier sa personne et représente l’effort maximal, tandis que la foi est connaissance, acte et certitude du cœur : elle constitue la meilleure des œuvres, alors même que la peine physique du jihâd la surpasse de beaucoup. Cela s’explique par le fait que le savoir fait connaître la valeur des actes et leurs degrés, ce qui est supérieur ou inférieur, prépondérant ou non. Celui qui le possède ne choisit pour lui-même que les actes les meilleurs, tandis que celui qui agit sans savoir s’imagine que la supériorité réside dans la seule ampleur de la peine : il s’impose donc des difficultés, même lorsque l’acte qu’il supporte est de moindre valeur. Or il arrive qu’une œuvre éminente exige moins d’effort qu’une autre, moins méritoire, mais plus pénible.