Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qui guident par Son ordre et à qui l’on se réfère après eux. Le Très-Haut a dit : « Et Nous avons fait d’eux des imâms (1) qui guident par Notre ordre, lorsqu’ils furent patients et qu’ils eurent la certitude de Nos signes. » (sourate La Prosternation, 24).

Et, ailleurs, Il a dit : « Seigneur, accorde-nous, venant de nos épouses et de nos descendants, la prunelle de nos yeux, et fais de nous un imâm pour les pieux. » (sourate Le Discernement, 74), c’est-à-dire : des imâms que l’on imitera après nous.

Ainsi, le Très-Haut enseigne que l’imâma dans la religion s’acquiert par la patience et la certitude (2), laquelle constitue le rang le plus élevé des véridiques. Or la certitude est la perfection et l’aboutissement du savoir ; en parachevant ce degré du savoir, on accède donc à l’imâma dans la religion. Il s’agit d’une walâya (proximité et autorité spirituelle) dont l’instrument est la science, qu’Allah réserve à qui Il veut parmi Ses serviteurs.

Soixante-et-onzième aspect : la nécessité des serviteurs à l’égard du savoir est plus vitale encore que celle du corps pour la nourriture ; le corps ne réclame sa subsistance qu’une ou deux fois par jour, tandis que l’être humain a besoin du savoir à chaque respiration, car chacun de ses souffles doit être accompagné de la foi ou de son jugement (3). S’il s’en sépare,

(1) Dans les sources de base : « Nous les avons établis comme imams ». Ce n’est qu’un fragment du verset 73 de la sourate al-Anbiya, mais la suite diffère de celle citée par l’auteur. (2) Cette formule provient de Shaykh al-Islam Ibn Taymiyya, à laquelle l’auteur se réfère fréquemment. Voir : al-Radd al-wafir, p. 126 ; Madarij al-salikin, 2/154 ; Zad al-maad, 3/10 ; al-Sawaiq al-mursala, p. 1073 ; I‘lam al-muwaqqi‘in, 4/135 ; Ighathat al-lahfan, 2/167 ; al-Daʾ wa-l-dawaʾ, p. 221, etc. (3) Il s’agit du statut juridique de la foi dans le cas du fou, de l’évanoui et assimilés. Les juristes divergent pour la personne contrainte : doit-elle conserver l’intention de rester croyante lorsqu’elle profère des paroles de mécréance, ou la simple continuité du jugement d’appartenance suffit-elle ? Deux opinions. Cf. al-Manthur de al-Zarkashi, 1/188.
يَهْدُون بأمره، ويأتمُّ بهم من بعدهم، فقال تعالى: ﴿وَجَعَلْنَا مِنْهُمْ أَئِمَّةً (١) يَهْدُونَ بِأَمْرِنَا لَمَّا صَبَرُوا وَكَانُوا بِآيَاتِنَا يُوقِنُونَ﴾ [السجدة: ٢٤]. وقال في موضعٍ آخر: ﴿وَالَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّقِينَ إِمَامًا﴾ [الفرقان: ٧٤]، أي: أئمَّةً يقتدي بنا من بعدنا. فأخبر سبحانه أنَّ بالصَّبر واليقين تُنالُ الإمامةُ في الدين (٢)، وهي أرفعُ مراتب الصِّدِّيقين. واليقينُ هو كمالُ العلم وغايتُه، فبتكميل مرتبة العلم تحصلُ إمامةُ الدين، وهي وَلايةٌ آلتُها العلم، يختصُّ الله بها من يشاء من عباده. الوجه الحادي والسبعون: أنَّ حاجةَ العباد إلى العلم ضروريَّةٌ فوق حاجة الجسم إلى الغذاء؛ لأنَّ الجسمَ يحتاجُ إلى الغذاء في اليوم مرةً أو مرتين، وحاجةُ الإنسان إلى العلم بعدد الأنفاس؛ لأنَّ كلَّ نَفَسٍ من أنفاسه فهو محتاجٌ فيه إلى أن يكون مصاحبًا للإيمان أو حُكْمِه (٣)، فإن فارقه
(١) في الأصول: «وجعلناهم أئمة». وهي بعض آيةٍ من سورة الأنبياء: ٧٣، لكنَّ تتمَّتها غيرُ تتمة الآية التي ساقها المصنف. (٢) هذه العبارة لشيخ الإسلام ابن تيمية، والمصنفُ كثيرُ الاستشهاد بها في كتبه. انظر: «الرد الوافر» (١٢٦)، و «مدارج السالكين» (٢/ ١٥٤)، و «زاد المعاد» (٣/ ١٠)، و «الصواعق المرسلة» (١٠٧٣)، و «إعلام الموقعين» (٤/ ١٣٥)، و «إغاثة اللهفان» (٢/ ١٦٧)، و «الداء والدواء» (٢٢١)، وغيرها. (٣) حكم الإيمان. وذلك في المجنون والمغمى عليه ونحوهما. وقد اختلف الفقهاء في المكره، هل يشترط أن يستحضر البقاء على الإيمان حال التلفظ بالكفر، أو يكفي استصحاب الحكم؟ وجهان. انظر: «المنثور» للزركشي (١/ ١٨٨).

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