Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

du savoir et du rang qu’il occupe ; car l’arbitre dans ce débat n’est autre que le savoir : c’est par lui (1), vers lui et auprès de lui que l’on en vient à plaider et à contester, et celui des deux termes qu’il déclare supérieur obtient effectivement la préséance.

Si l’on objecte : « Comment admettre qu’il statue en sa propre faveur ? », nous répondons : voilà justement une preuve supplémentaire de sa supériorité, de la hauteur de son rang et de sa noblesse ; en effet, si un juge ordinaire ne saurait légalement juger pour lui-même, c’est par crainte de partialité. Or le savoir n’est entaché d’aucun soupçon lorsqu’il se prononce pour lui-même : chaque fois qu’il juge, il le fait d’une manière que la raison saine et la nature innée (2) attestent comme juste et qu’elles accueillent spontanément.

Il est donc impossible qu’il tranche par favoritisme ; car, s’il le faisait, il serait aussitôt déchu de son rang et rétrograderait de son degré. Il est le témoin irréprochable, dont la probité est avérée, et le juge équitable qui ne commet pas d’injustice et qu’on ne peut destituer.

Si l’on demande : « Quel est alors son verdict dans la question que vous avez évoquée ? », nous répondons : le débat à ce sujet est devenu foisonnant, le champ des arguments s’est considérablement élargi ; chacun des deux camps a avancé ses preuves et revendiqué la primauté de son rang. Ce qui permettra de trancher le litige et de ramener la question aux points de consensus consiste à : 1) exposer les différents degrés de la perfection, 2) rappeler lequel d’entre eux est le plus éminent, et 3) examiner lequel des deux objets en balance est le plus digne de ce degré et le plus proche de l’atteindre. Ces trois fondements mettent le bon jugement en évidence et scellent définitivement la décision.

(1) Les manuscrits Qāf, Tāʼ et Nūn donnent « fihi » (dans celui-ci), la graphie se terminant par la lettre yā. (2) Les manuscrits Tāʼ et Qāf lisent « wa-n-naẓar » (et la réflexion).
العلم ومرتبته؛ فإنَّ الحاكمَ في هذه المسألة هو العلم، فبه (١) وإليه وعنده يقعُ التحاكم والتخاصم، والمُفَضَّلُ منهما من حَكَمَ له بالفضل. فإن قيل: فكيف يُقْبَلُ حكمُه لنفسه؟! قيل: وهذا أيضًا دليلٌ على تفضيله وعلوِّ مرتبته وشرفه؛ فإنَّ الحاكمَ إنما لم يَسُغْ أن يحكمَ لنفسه لأجل مَظِنَّة التُّهمة، والعلمُ لا تلحقُه تهمةٌ في حكمه لنفسه؛ فإنه إذا حكمَ حكمَ بما تشهدُ العقولُ والفِطر (٢) بصحَّته، وتتلقَّاه بالقبول. ويستحيلُ حكمُه لتهمة؛ فإنه إذا حَكمَ بها انعزل عن مرتبته، وانحطَّ عن درجته، فهو الشاهدُ المُزكَّى المُعَدَّل، والحاكمُ الذي لا يجورُ ولا يُعْزَل. فإن قيل: فماذا حكمُه في هذه المسألة التي ذكرتموها؟ قيل: هذه المسألةُ كثُر فيها الجدال، واتسع المجال، وأدلى كلٌّ منهما بحجَّته، واستعلى بمرتبته، والذي يفصلُ النزاع، ويعيدُ المسألة إلى مواقع الإجماع: الكلامُ في أنواع مراتب الكمال، وذِكْرُ الأفضل منها، والنظرُ في أيِّ هذين الأمرين أولى به وأقرب إليه؛ فهذه الأصولُ الثلاثةُ تبيِّن الصواب، ويقعُ بها فصلُ الخطاب.
(١) (ق، ت، ن): «فيه»، بالياء آخر الحروف. (٢) (ت، ق): «والنظر».

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