Le loue, dites : « Seigneur, à Toi la louange ». Allah vous exaucera. » (1), c’est-à-dire : Il vous répondra.
En somme, si l’être humain ne possède pas le savoir qui garantit ce qui lui est profitable dans sa vie d’ici-bas et dans l’Au-delà, la bête muette vaut mieux que lui ; car, au Jour dernier, elle sera à l’abri de ce qui causera la perte de l’homme ignorant.
Soixante-sixième point : le savoir est l’arbitre suprême de toute chose et rien ne peut statuer contre lui. Qu’il s’agisse de l’existence ou de l’inexistence d’un objet, de son authenticité ou de sa corruption, de son utilité ou de sa nocivité, de sa prépondérance ou de son infériorité, de sa perfection ou de son défaut, des raisons qu’on a de l’encenser ou de le blâmer, de son rang dans le bien, de sa qualité ou de sa médiocrité, de sa proximité ou de son éloignement, du fait qu’il conduise ou non au but recherché, ou de l’obtention ou non de l’objectif visé : sur tous ces points, c’est le savoir qui tranche. Une fois que le savoir a jugé, la controverse cesse et l’on doit s’y conformer.
Le savoir gouverne aussi les royaumes et les politiques, les fortunes et les plumes. Un pouvoir qui n’est pas soutenu par le savoir ne saurait durer ; une épée dépourvue de savoir n’est qu’un bâton de parade (2) ; une plume sans savoir n’est qu’un geste vain. Le savoir détient autorité sur tout cela, et rien de tout cela ne saurait statuer contre lui.
Les savants ont débattu pour savoir si l’encre des érudits l’emporte sur le sang des martyrs ou l’inverse ; à chaque thèse ont été avancés quantité d’arguments et de preuves (3). Le simple fait que ce débat existe constitue déjà, en soi, un indice de la supériorité