Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Que l’on comprenne ainsi : « La comparaison entre l’auteur de l’appel adressé aux mécréants et celui qui beugle à des bêtes qui n’entendent de lui qu’un simple vacarme dépourvu de sens », ou bien : « La comparaison des mécréants lorsqu’on les interpelle est celle des troupeaux auxquels on crie sans qu’ils perçoivent (1) que le son nu de l’appel et du cri », ces deux lectures se tiennent, elles ne forment en réalité qu’une seule et même explication, bien que la seconde formulation soit plus proche du libellé et plus incisive quant au sens (2).

Dans l’un comme dans l’autre cas, l’invitation ne leur procure rien de plus que le bruit que perçoivent les bestiaux ; ces hommes n’ont donc pas obtenu la véritable humanité qui distingue (3) son possesseur du reste du règne animal.

Le terme « ouïe » peut désigner : 1) la simple perception d’un son, 2) la compréhension du sens, 3) l’acceptation et la réponse. Les trois acceptions figurent dans le Coran (4).

Pour la première acception, on lit : « Allah a certes entendu la parole de celle qui plaidait avec toi au sujet de son époux et se plaignait à Allah ; Allah entend votre discussion. Allah est Audient, Clairvoyant » (Al-Mujâdila : 1). Voilà le passage le plus explicite qui établisse l’attribut de l’ouïe pour Allah : il y réunit le passé, le présent et le nom d’agent – « Il a entendu », « Il entend » et « Il est Audient » –, et l’ouïe Lui appartient, comme l’a déclaré ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée : « Louange à Allah dont l’ouïe embrasse toutes les voix ! La femme vint se plaindre à

(1) Ms. T lit : « yan‘iqu bihi wa la yasma‘ » (il crie après lui sans entendre). (2) Cf. : Ibn al-Qayyim, I‘lam al-muwaqqi‘in, t. 1, p. 182. (3) Ms. T lit : « yatamayaz » (se distingue). (4) Cf. : al-Wujuh wa-l-nazair, Muqatil, p. 226 ; id., al-Damaghani, p. 247 ; Ibn al-Jawzi, p. 346 ; ainsi que l’article « sam‘ » dans al-Mufradat, Basair dhawî al-tamyîz et ‘Umdat al-huffaz.
وسواءٌ كان المعنى: ومثَلُ داعي الذين كفروا كمثَل الذي يَنْعِقُ بما لا يَسمعُ من الدوابِّ إلا أصواتًا مجرَّدة، أو كان المعنى: ومثلُ الذين كفروا حين يُنادَوْنَ كمثل دوابِّ الذي يَنْعِقُ بها فلا تسمعُ (١) إلا صوتَ الدعاء والنداء؛ فالقولان متلازمان، بل هما واحد، وإن كان التقديرُ الثاني أقربَ إلى اللفظ وأبلغَ في المعنى (٢). فعلى التقديرين، لم يحصُل لهم من الدعوة إلا الصوتُ الحاصل للأنعام؛ فهؤلاء لم يحصُل لهم حقيقةُ الإنسانيَّة التي يُمَيَّزُ (٣) بها صاحبُها عن سائر الحيوان. والسمعُ يرادُ به: إدراكُ الصوت، ويرادُ به: فهمُ المعنى، ويرادُ به: القبولُ والإجابة. والثلاثةُ في القرآن (٤). فمن الأول: قوله: ﴿قَدْ سَمِعَ اللَّهُ قَوْلَ الَّتِي تُجَادِلُكَ فِي زَوْجِهَا وَتَشْتَكِي إِلَى اللَّهِ وَاللَّهُ يَسْمَعُ تَحَاوُرَكُمَا إِنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ بَصِيرٌ﴾ [المجادلة: ١]، وهذا أصرحُ ما يكونُ في إثبات صفة السمع لله؛ ذكَر الماضي والمضارعَ واسمَ الفاعل: ﴿سَمِعَ﴾، و ﴿يَسْمَعُ﴾، وهو ﴿سَمِيعٌ﴾، وله السمع؛ كما قالت عائشةُ ﵂: «الحمدُ لله الذي وَسِعَ سمعُه الأصوات، لقد جاءت المُجادِلة تشكو إلى
(١) (ت): «ينعق به ولا يسمع». (٢) انظر: «إعلام الموقعين» (١/ ١٨٢). (٣) (ت): «يتميز». (٤) انظر: «الوجوه والنظائر» لمقاتل (٢٢٦)، وللدامغاني (٢٤٧)، ولابن الجوزي (٣٤٦)، ومادة (سمع) في «المفردات»، و «بصائر ذوي التمييز»، و «عمدة الحفاظ».

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