Que l’on comprenne ainsi : « La comparaison entre l’auteur de l’appel adressé aux mécréants et celui qui beugle à des bêtes qui n’entendent de lui qu’un simple vacarme dépourvu de sens », ou bien : « La comparaison des mécréants lorsqu’on les interpelle est celle des troupeaux auxquels on crie sans qu’ils perçoivent (1) que le son nu de l’appel et du cri », ces deux lectures se tiennent, elles ne forment en réalité qu’une seule et même explication, bien que la seconde formulation soit plus proche du libellé et plus incisive quant au sens (2).
Dans l’un comme dans l’autre cas, l’invitation ne leur procure rien de plus que le bruit que perçoivent les bestiaux ; ces hommes n’ont donc pas obtenu la véritable humanité qui distingue (3) son possesseur du reste du règne animal.
Le terme « ouïe » peut désigner : 1) la simple perception d’un son, 2) la compréhension du sens, 3) l’acceptation et la réponse. Les trois acceptions figurent dans le Coran (4).
Pour la première acception, on lit : « Allah a certes entendu la parole de celle qui plaidait avec toi au sujet de son époux et se plaignait à Allah ; Allah entend votre discussion. Allah est Audient, Clairvoyant » (Al-Mujâdila : 1). Voilà le passage le plus explicite qui établisse l’attribut de l’ouïe pour Allah : il y réunit le passé, le présent et le nom d’agent – « Il a entendu », « Il entend » et « Il est Audient » –, et l’ouïe Lui appartient, comme l’a déclaré ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée : « Louange à Allah dont l’ouïe embrasse toutes les voix ! La femme vint se plaindre à