Il a ensuite élevé, juste après eux, le rang le plus noble qui soit accordé aux hommes : celui de leurs khalifes, leurs remplaçants au sein des nations. En effet, ces derniers leur succèdent en suivant leur méthode et leur voie : ils conseillent la communauté, orientent l’égaré, instruisent l’ignorant, secourent l’opprimé, retiennent la main de l’injuste, ordonnent le bien tout en le pratiquant, interdisent le mal tout en s’en abstenant ; ils appellent à Allah avec sagesse pour ceux qui sont réceptifs, par une exhortation bienveillante envers les distraits qui se détournent, et par la controverse la plus courtoise avec les obstinés qui s’opposent.
Telle est la condition des disciples des envoyés et des héritiers des prophètes. Allah ‑ Exalté soit-Il ‑ dit : « Dis : “Voici ma voie : j’appelle vers Allah, moi et ceux qui me suivent, en pleine clairvoyance.” » (Yûsuf : 108).
Que l’on comprenne l’énoncé ainsi : « Moi et ceux qui me suivent sommes sur une clairvoyance, et j’appelle à Allah », ou ainsi : « J’appelle à Allah sur la base d’une clairvoyance » (1), les deux lectures (2) sont indissociables ; car nul n’est vraiment son disciple sinon celui qui appelle à Allah avec clairvoyance, comme le faisait son modèle ﷺ (3).
Ceux-là sont donc, à juste titre, les successeurs des messagers et leurs héritiers exclusifs ; ils constituent les détenteurs du savoir, lesquels ont assumé son contenu : en connaissance et en action, en guidée et en orientation, en patience et en combat. Ce sont les ṣiddîqûn (les véridiques), les meilleurs parmi les adeptes des prophètes, et leur chef ainsi que leur imam est le Véridique par excellence, Abû Bakr – qu’Allah l’agrée.