Considère l’ampleur de son érudition lorsqu’il déclare, dans sa réponse à l’argument qu’ar-Râzî avance en faveur de l’astrologie : « Il est vraiment étonnant qu’il [ar-Râzî] ose dire : “Si cette science était vaine, il serait impossible que les habitants de l’Orient et de l’Occident, depuis l’origine de la création jusqu’à aujourd’hui, s’y soient tous accordés !” Il n’existe pas de mensonge plus grossier ni de calomnie plus flagrante que celle-ci. Cet homme n’a-t-il donc jamais consulté le moindre ouvrage, rédigé par quelque auteur oriental ou occidental, réfutant cette prétendue science et ses adeptes ? Nous-mêmes, et d’autres avec nous, avons vu plus de cent traités consacrés à la réfutation de l’astrologie et à l’invalidation de ses thèses. Ces livres circulent encore parmi les gens, et nombre d’entre eux sont l’œuvre de philosophes que les partisans de l’astrologie eux-mêmes révèrent, qu’ils tiennent pour l’élite de l’humanité : al-Fârâbî, Ibn Sînâ, Abû al-Barakât al-Awhad, et d’autres encore, dont nous avons rapporté les propos. Quant aux réfutations disséminées à l’intérieur d’ouvrages traitant de diverses doctrines, elles sont trop nombreuses pour être dénombrées ; elles dépassent peut-être le millier, et tu trouveras dans chacun de ces livres une critique de l’astrologie et la démolition de ses principes… » ⦗1⦘
Autre indice de l’étendue de ses lectures : il expose en détail une objection mentionnée dans le Mukhtaṣar d’Ibn al-Hâjib, puis ajoute : « Voici la manière correcte de formuler cette objection, même si nombre de commentateurs du Mukhtaṣar n’ont pas su la présenter ainsi… » ⦗2⦘
Ses sources dans le présent ouvrage se répartissent en quatre catégories.
Première catégorie : les ouvrages dont il cite explicitement le titre et l’auteur. Les voici classés par ordre alphabétique :
– Adab ash-Shâfiʿî wa-manâqibuhu (Les qualités morales et les mérites d’ash-Shâfiʿî) d’Ibn Abî Hâtim, où il mentionne le titre du livre dans