Al-Tirmidhî déclare : « Ce hadith est, par cette voie, de bonne tenue et singulier. Muhammad ibn ‘Abd Allâh al-Ansârî est véridique, son père est digne de confiance, et ‘Alî ibn Zayd est également véridique ; toutefois, il lui arrive d’élever au Prophète des récits que d’autres transmettent à l’arrêt. J’ai entendu Muhammad ibn Bashshâr rapporter qu’Abû al-Walîd disait que Shu‘ba avait affirmé : “ ‘Alî ibn Zayd nous a transmis ce hadith ; c’était un ‘raffâʿ’, prompt à hausser les récits.” »
Il poursuit : « On ne connaît, de Sa‘îd ibn al-Musayyib, aucune narration provenant d’Anas, hormis ce long hadith. ‘Abbâd al-Minqarî l’a également rapporté d’après ‘Alî ibn Zayd, d’après Anas, sans mentionner Sa‘îd ibn al-Musayyib. J’en ai entretenu Muhammad ibn Ismâ‘îl ; il ne le connaissait pas et n’avait connaissance d’aucune transmission de Sa‘îd ibn al-Musayyib d’après Anas, ni de celle-ci ni d’une autre. Anas est mort en 93 H, et Sa‘îd ibn al-Musayyib en 95 H, soit deux ans plus tard. »
Je dis : Ce hadith possède néanmoins des témoignages corroborants.
Parmi eux figure celui rapporté par al-Dârimî, ‘Abd Allâh : Muhammad ibn ‘Uyayna nous a transmis, d’après Marwân ibn Mu‘âwiya al-Fazârî, d’après Kathîr ibn ‘Abd Allâh, d’après son père, d’après son grand-père, que le Prophète ﷺ dit à Bilâl ibn al-Hârith :
« Prends-en conscience ! » — « Que dois-je savoir, ô Messager d’Allah ? » — « Prends-en conscience, ô Bilâl ! » — « Que dois-je savoir, ô Messager d’Allah ? » — « Sache que quiconque ravive une sunna de mes sunan, abandonnée après moi, recevra une récompense égale à celle de tous ceux qui la mettront en pratique, sans que leur salaire en soit diminué d’un iota. Et quiconque instaure une innovation d’égarement que Dieu et Son Messager désapprouvent portera une charge de péché équivalente à celle de tous ceux qui la commettront, sans que cela n’allège le fardeau d’aucun d’entre eux. » (1)