la sunna ; s’ils sont également versés dans la sunna, on choisira alors celui qui a embrassé l’islam le premier, ou le plus âgé d’entre eux… » – puis il rapporta l’ensemble du hadith.
Il a donc fait primer, pour la charge d’imâm, le mérite de la science (1) sur l’antériorité dans l’islam et dans l’hégire. Or, comme la connaissance du Coran est supérieure à la connaissance de la sunna – en raison de la noblesse de l’objet qu’elle porte –, il a commencé par placer la maîtrise du Coran au premier rang. Ensuite, il a privilégié la connaissance de la sunna sur l’antériorité dans l’hégire. Ce critère recèle d’ailleurs un surcroît de pratique qui le distingue. En substance, le Prophète n’a tenu compte du rang qu’en fonction de la science d’abord, puis de l’action, et, s’agissant de la science, il a fait primer la plus éminente sur toute autre. C’est là une preuve de l’honneur et du mérite de la science, et du fait que ses détenteurs sont les premiers appelés (2) aux plus hautes positions religieuses.
55ᵉ point – Dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhârî (3), il est rapporté d’après ʿUthmân ibn ʿAffân, qu’Allah l’agrée, que le Prophète ﷺ a dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. »
Apprendre et enseigner le Coran englobe aussi bien l’apprentissage de ses lettres et leur transmission que l’apprentissage de ses sens et leur diffusion. Cette seconde dimension est la plus noble des deux, car le sens est la finalité recherchée, tandis que le verbe n’en est que le moyen. Apprendre le sens et le transmettre, c’est apprendre la finalité et la communiquer ; apprendre la seule formulation et la transmettre, c’est apprendre et transmettre les moyens. La différence entre les deux est celle qui sépare les fins des moyens.
56ᵉ point – At-Tirmidhî et d’autres ont rapporté, dans la recension de ʿAmr ibn al-Hârith, d’après Darrâj, Abû l-Haytham et Abû Saʿîd, que le Prophète ﷺ a dit : « Le croyant ne se rassasie jamais du bien qu’il entend, jusqu’à ce que son aboutissement soit le Paradis » (4).