Ou bien le sens est que le récipiendaire peut être plus versé en jurisprudence que le transmetteur : lorsqu’il entend cette parole, il l’interprète selon ses meilleures facettes, en dégage la portée juridique et saisit l’intention qui y est contenue.
Quant à la parole du Prophète ﷺ : « Trois choses sur lesquelles le cœur d’un musulman ne nourrit ni rancœur ni perfidie… », elle signifie que, grâce à ces trois choses, le cœur ne porte plus de ghill (rancœur) et n’en conserve aucune trace ; elles chassent en effet ghill et ghish (tromperie), c’est-à-dire la corruption (1) et les impuretés du cœur.
Ainsi, chez celui qui voue à Allah une sincérité totale, cette sincérité empêche son cœur de nourrir la moindre rancœur ; elle l’en débarrasse complètement, car les mobiles et les volontés de son cœur se sont entièrement tournés vers la recherche de l’agrément de son Seigneur. Il n’y reste donc plus aucune place pour le ghill ni le ghish. Le Très-Haut dit : « Ainsi [avons-Nous agi] pour l’éloigner du mal et de la turpitude ; il était certes du nombre de Nos serviteurs sincères (2) » [Yûsuf : 24]. Lorsqu’il se montra sincère envers son Seigneur, Celui-ci détourna de lui les causes du mal et de l’indécence ; le mal et l’indécence s’éloignèrent donc de lui.
C’est pourquoi, lorsque Iblîs comprit qu’il n’avait aucune prise sur les gens de la sincérité, il les exclut de l’engagement (3) par lequel il avait juré de les égarer et de les perdre. Il déclara : « Par Ta puissance, je les égarerai tous, sauf Tes serviteurs, parmi eux, qui sont sincères » [Ṣâd : 82-83], et il dit encore : « Seigneur, parce que Tu m’as égaré, je leur embellirai [le mal] sur la terre et les égarerai tous, sauf Tes serviteurs, parmi eux, qui sont sincères » [al-Hijr : 39-40]. Allah – exalté soit-Il – dit : « En vérité, Mes serviteurs, tu n’as aucun pouvoir sur eux… »