On rapporte également cette histoire sous une autre variante : ils demandèrent à l’adorateur : « Ton Seigneur est-Il capable de créer un être semblable à Lui-même ? » Il répondit : « Je n’en sais rien. » Iblîs s’exclama alors : « Voyez-vous ? Son adoration ne lui a servi à rien, du fait de son ignorance ! »
Puis ils interrogèrent le savant à ce sujet. Il répondit : « Cette question est impossible en soi : car s’il Lui était semblable, il ne pourrait être créé. Affirmer qu’il soit à la fois créé et pareil à Lui est contradictoire ; s’il est créé, il n’est pas Son égal, mais seulement un serviteur parmi Ses serviteurs, une créature parmi Ses créatures. » Iblîs conclut : « Voyez-vous ? En une heure, cet homme anéantit ce que je mets des années à édifier ! » — ou des propos de sens équivalent.
Il est rapporté d’après ʿAbd Allâh ibn ʿUmar (1) : « Le mérite du savant sur l’adorateur est de soixante-dix degrés ; entre chaque degré, la course d’un cheval (2) équivaut à soixante-dix années. En effet, lorsque Satan introduit une innovation, le savant la décèle aussitôt et l’interdit, tandis que l’adorateur, absorbé par le culte de son Seigneur, ne s’y attarde pas et ne la reconnaît pas. » (3)