et sa parole : « Celui qui s’en empare, s’empare d’une part abondante. » Le plus grand et le plus profitable des lots est certes celui qui profite au serviteur et dont le profit demeure ; or ce lot n’est autre que sa part de science et de religion. C’est un lot permanent et bénéfique : lorsque les autres parts échappent à leurs ayants droit, la sienne demeure, pour l’éternité, parce qu’elle est liée au Vivant qui ne meurt pas. Elle ne s’interrompt donc ni ne disparaît, tandis que toutes les autres parts s’évanouissent avec ce à quoi elles tiennent, ainsi qu’Allah – Exalté soit-Il – l’a dit : « Nous nous tournerons vers les œuvres qu’ils auront accomplies et Nous les réduirons en poussière éparpillée. » (Al-Furqân, 25 : 23). Leur but étant éphémère, leurs œuvres l’ont suivi ; elles se sont coupées d’eux justement quand l’auteur a le plus besoin de son action. Voilà la calamité irréparable ; nous cherchons refuge auprès d’Allah, implorons Son aide, reconnaissons notre indigence envers Lui, nous en remettons à Lui ; il n’est de puissance ni de force qu’en Allah.
Et il a dit : « La mort du savant est une calamité irréparable, une brèche que rien ne colmate, une étoile qui s’éteint ; la mort d’une tribu est moindre que la mort d’un savant. » Puisque la rectitude de l’existence dépend des savants – sans eux les gens seraient tels des bêtes, voire pire –, la mort d’un savant est une calamité que seul le remplacement par un autre peut compenser.
De plus, les savants sont ceux qui dirigent les serviteurs, les contrées et les royaumes ; leur disparition corrompt l’ordre du monde. C’est pourquoi Allah ne cesse de faire surgir dans cette religion un successeur après l’autre, par lesquels Il préserve Sa religion, Son Livre et Ses adorateurs.
Réfléchis : s’il existait dans le monde un homme surpassant tout le monde en richesse et en largesse, dont les gens auraient un besoin pressant de ce qu’il possède, et qu’il les comblât de tous les bienfaits possibles, puis qu’il vienne à mourir, leur coupant ainsi cette ressource, la mort d’un savant serait une calamité bien plus grave encore que la mort d’un tel bienfaiteur ; avec la disparition d’un savant, ce sont des peuples entiers et des créatures qui meurent, comme on l’a dit :