Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Puis, comme il est courant chez les hommes que l’un d’eux convoite la vie d’ici-bas pour la transmettre à son enfant, peinant, s’épuisant et se privant lui-même en faveur de sa descendance, Allah a fermé cette porte à Ses prophètes et à Ses envoyés. Il a dissipé cette idée qui risquerait de se glisser dans bien des esprits et qui dirait : « S’il ne cherche pas le bas-monde pour lui-même, c’est sans doute pour l’obtenir (1) pour son fils (2). » Le Prophète ﷺ déclara donc : « Nous, communauté des prophètes, nous ne laissons pas d’héritage ; tout ce que nous laissons est aumône » (3).

Ainsi, les prophètes n’ont transmis ni dinar ni dirham ; ils n’ont laissé en héritage que la science.

Quant à la parole divine : « Salomon hérita de David » (Les Fourmis, 27 : 16), il s’agit de l’héritage du savoir et de la prophétie, rien d’autre — tel est l’avis unanime des gens de science, exégètes et autres (4). David, en effet, avait de nombreux fils en dehors de Salomon : si l’héritage avait concerné l’argent, Salomon n’en eût pas été le seul bénéficiaire (5).

De plus, la Parole de Dieu doit être préservée de rapports de cette nature ; ce serait comme dire : « Un tel est mort et son fils l’a hérité », alors que chacun sait qu’un fils hérite normalement de son père : pareille information n’apporterait aucun enseignement.

Par ailleurs, ce qui précède et ce qui suit immédiatement le verset montre clairement que l’héritage visé est celui de la science et de la prophétie, non celui des biens matériels. Le Très-Haut dit encore : « Et Nous avons accordé à David et à Salomon le savoir… »

(1) Les manuscrits T, D et Q portent : «fa-la‘alla lam» («peut-être qu’il n’a pas…»). (2) Le manuscrit T lit : «tahsilihi» («son acquisition»). Les mots placés entre crochets sont exigés par le contexte, mais ne figurent pas dans les sources principales. (3) Ḥadith rapporté par al-Bukhari, nos 3093 et 6726, et par Muslim, nos 1757-1759. (4) Voir : Ta’wil mukhtalif al-ḥadith, p. 188 ; Sharh mushkil al-athar, 3/12 ; al-Tamhid, 8/174 ; Fath al-Bari, 12/10 ; Ruh al-ma‘ani, 10/166. (5) Le manuscrit Q lit : «mukhtassan bihi» («qui lui est propre»).
ثمَّ لما كان الغالبُ على الناس أنَّ أحدهم يريد الدنيا لولده من بعده، ويسعى ويتعبُ ويَحْرِمُ نفسَه لولده= سدَّ هذه الذَّريعة عن أنبيائه ورسله، وقطعَ هذا الوهمَ الذي عساه أن يخالط كثيرًا من النفوس التي تقول: فلعله إن لم (١) يطلب الدنيا [لنفسه] فهو يحصِّلها (٢) لولده= فقال ﷺ: «نحن معاشرَ الأنبياء لا نُورَث، ما تركنا فهو صدقة» (٣). فلم تُورِّث الأنبياءُ دينارًا ولا درهمًا، وإنما ورَّثوا العلم. وأما قولُه تعالى: ﴿وَوَرِثَ سُلَيْمَانُ دَاوُودَ﴾ فهو ميراثُ العلم والنبوَّة، لا غير، وهذا باتفاق أهل العلم من المفسِّرين وغيرهم (٤)، وهذا لأنَّ داود ﵇ كان له أولادٌ كثيرٌ سوى سليمان، فلو كان الموروثُ هو المال لم يكن سليمان يختصُّ به (٥). وأيضًا؛ فإنَّ كلامَ الله يصانُ عن الإخبار بمثل هذا؛ فإنه بمنزلة أن يقال: «مات فلانٌ وورثه ابنُه»، ومن المعلوم أنَّ كلَّ أحدٍ يرثُه ابنُه، وليس في الإخبار بمثل هذا فائدة. وأيضًا؛ فإنَّ ما قبل الآية وما بعدها يبيِّنُ أنَّ المرادَ بهذه الوِراثة وراثةُ العلم والنبوَّة، لا وراثةُ مال، قال الله تعالى: ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا دَاوُودَ وَسُلَيْمَانَ عِلْمًا
(١) (ت، د، ق): «فلعله لم». (٢) (ت): «تحصيله». وما بين المعكوفين يقتضيه السياق، وليس في الأصول. (٣) أخرجه البخاري (٣٠٩٣، ٦٧٢٦)، ومسلم (١٧٥٧ - ١٧٥٩). (٤) انظر: «تأويل مختلف الحديث» (١٨٨)، و «شرح مشكل الآثار» (٣/ ١٢)، و «التمهيد» (٨/ ١٧٤)، و «فتح الباري» (١٢/ ١٠)، و «روح المعاني» (١٠/ ١٦٦). (٥) (ق): «مختصا به».

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