Puis, comme il est courant chez les hommes que l’un d’eux convoite la vie d’ici-bas pour la transmettre à son enfant, peinant, s’épuisant et se privant lui-même en faveur de sa descendance, Allah a fermé cette porte à Ses prophètes et à Ses envoyés. Il a dissipé cette idée qui risquerait de se glisser dans bien des esprits et qui dirait : « S’il ne cherche pas le bas-monde pour lui-même, c’est sans doute pour l’obtenir (1) pour son fils (2). » Le Prophète ﷺ déclara donc : « Nous, communauté des prophètes, nous ne laissons pas d’héritage ; tout ce que nous laissons est aumône » (3).
Ainsi, les prophètes n’ont transmis ni dinar ni dirham ; ils n’ont laissé en héritage que la science.
Quant à la parole divine : « Salomon hérita de David » (Les Fourmis, 27 : 16), il s’agit de l’héritage du savoir et de la prophétie, rien d’autre — tel est l’avis unanime des gens de science, exégètes et autres (4). David, en effet, avait de nombreux fils en dehors de Salomon : si l’héritage avait concerné l’argent, Salomon n’en eût pas été le seul bénéficiaire (5).
De plus, la Parole de Dieu doit être préservée de rapports de cette nature ; ce serait comme dire : « Un tel est mort et son fils l’a hérité », alors que chacun sait qu’un fils hérite normalement de son père : pareille information n’apporterait aucun enseignement.
Par ailleurs, ce qui précède et ce qui suit immédiatement le verset montre clairement que l’héritage visé est celui de la science et de la prophétie, non celui des biens matériels. Le Très-Haut dit encore : « Et Nous avons accordé à David et à Salomon le savoir… »