Le hadith offre, en outre, un rappel aux savants : qu’ils suivent la voie des prophètes dans leur mission de transmission — patience, endurance, riposte au mal par le bien, douceur envers les gens, effort pour les attirer vers Allah par les meilleurs moyens, et prodigalité de conseils autant qu’il se peut. C’est ainsi qu’ils recevront leur part de cet héritage d’une grandeur inestimable et d’une portée considérable.
Il contient également une exhortation aux hommes de savoir : éduquer la communauté comme un père élève son enfant ; les former pas à pas, des rudiments du savoir à ses sommets, et ne leur imposer que ce qu’ils peuvent supporter, à l’image du père qui administre la nourriture (1) à son nourrisson. En vérité, les âmes humaines, au regard des prophètes et des envoyés, sont comparables à des enfants vis-à-vis de leurs pères — et même, l’analogie est encore bien moindre. Toute âme qu’un Messager (2) n’a pas élevée demeure sans succès ni droiture, comme on l’a dit :
Celui que le Messager n’élève ni n’abreuve
du lait de la guidée (3) jailli de son sein sacré,
celui-là n’est qu’un enfant trouvé, privé de filiation ;
il ne dépassera jamais le rang des siens.
Quant à cette parole : « Les prophètes n’ont légué ni dinar ni dirham ; ils n’ont légué que le savoir », elle témoigne de la perfection des prophètes, de l’ampleur de leur sollicitude pour les nations et de la grâce totale qu’Allah leur a accordée, à eux et à leurs communautés : Il a écarté toutes les raisons et fermé toutes les voies susceptibles d’amener certains esprits à croire que les prophètes ressemblent à des rois en quête des biens et du pouvoir d’ici-bas ; ainsi Allah — qu’Il soit exalté — les en a protégés de la manière la plus parfaite.