Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On répond qu’il y a là deux enseignements (1) :

Le premier : la lumière de la lune étant empruntée à une autre, il convenait davantage de comparer le savant, dont la clarté est puisée au soleil de la mission prophétique, à la lune plutôt qu’au soleil.

Le second : la lumière du soleil ne varie jamais ; elle n’est sujette ni à obscuration (2) ni à fluctuation d’éclat. La lune, en revanche, voit sa clarté croître et décroître, se remplir puis se retirer. De même, les savants occupent des degrés dans la science, plus ou moins élevés. Chacun d’eux se distingue selon l’abondance ou la rareté de son savoir, son rayonnement ou sa discrétion, tout comme la lune. Tel savant est comparable à la pleine lune à l’apogée de sa plénitude (3) ; tel autre lui est inférieur d’une nuit, de deux, de trois, et ainsi de suite jusqu’au terme de ses phases. Ils constituent ainsi des degrés auprès d’Allah.

On pourrait objecter : la comparaison des savants aux étoiles est bien connue, conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Mes Compagnons sont comme des étoiles » (4) ; c’est pourquoi, dans l’interprétation des rêves, les étoiles représentent les savants (5). Alors, comment se fait-il

(1) Voir : « adh-Dhakhira » d’al-Qarafi, t. 1, p. 43. (2) L’expression « muthallathat al-mim » indique que le mîm peut recevoir les trois voyelles ; le mot signifie « diminution de la lumière ». Le terme mihaq désigne la fin du mois lunaire, lorsque le croissant disparaît, ainsi nommé parce qu’il se lève avec le soleil qui l’efface. Voir Lisaan al-Arab, racine m-h-q. (3) C’est-à-dire son accomplissement et sa perfection. Cette tournure est très présente dans la poésie. (4) Ce propos est rapporté par plusieurs Compagnons sous des formulations variées, mais aucune chaîne n’est authentique. L’imam Ahmad, al-Bazzar et d’autres savants postérieurs l’ont rejeté. Voir : al-Muntakhab min al-‘Ilal, n° 143 ; Jami‘ Bayan al-‘Ilm wa-Fadlih (2/923) ; Tuhfat at-Talib d’Ibn Kathir, p. 166 ; Muwafaqat al-Khabr al-Khabar (1/145) ; Talkhis al-Habir (4/190) ; as-Silsila ad-Da‘ifa, n° 58. (5) Voir : Ta‘bir ar-Ru’ya d’Ibn Qutayba, p. 112 ; al-Badr al-Munir d’ash-Shihab al-‘Abir al-Maqdisi, p. 217 ; Hilyat al-Awliya, t. 2, p. 277.
قيل: فيه فائدتان (١): إحداهما: أنَّ نور القمر لما كان مستفادًا من غيره كان تشبيهُ العالِم الذي نورُه مستفادٌ من شمس الرسالة بالقمر أولى من تشبيهه بالشمس. الثانية: أنَّ الشمسَ لا يختلفُ حالها في نورها، ولا يلحقُها محاقٌ (٢) ولا تفاوتٌ في الإضاءة، وأمَّا القمرُ فإنه يقلُّ نوره ويكثُر ويمتلاءُ وينقصُ؛ كما أنَّ العلماءَ في العلم على مراتبهم من كثرته وقلَّته، فيفضَّلُ كلٌّ منهم في علمه بحسب كثرته وقلَّته، وظهوره وخفائه، كما يكونُ القمرُ كذلك، فعالِمٌ كالبدر ليلة تِمِّه (٣)، وآخرُ دونه بليلةٍ ثانيةٍ وثالثةٍ وما بعدها إلى آخر مراتبه، وهم درجاتٌ عند الله. فإن قيل: تشبيهُ العلماء بالنجوم أمرٌ معلوم، كقوله ﷺ: «أصحابي كالنجوم» (٤)، ولهذا هي في تعبير الرؤيا عبارةٌ عن العلماء (٥)، فكيف وقعَ
(١) انظر: «الذخيرة» للقرافي (١/ ٤٣). (٢) مثلَّثة الميم. أي: نقصانُ ضوء. والمحاق: آخرُ الشهر إذا انمحقَ الهلالُ فلم يُرَ، سُمِّي بذلك لأنه طلع مع الشمس فمَحَقَته. «اللسان» (محق). (٣) أي: اكتماله وتمامه. وهذا التركيب كثيرُ الورود في الشِّعر. (٤) جاء من حديث جماعةٍ من الصحابة بألفاظٍ مختلفة. ولا يصحُّ منها شيء. وقد حكم بردِّه الإمام أحمد، والبزار، وغيرُ واحدٍ من المتأخرين. انظر: «المنتخب من العلل للخلال» (١٤٣)، و «جامع بيان العلم وفضله» (٢/ ٩٢٣)، و «تحفة الطالب» لابن كثير (١٦٦)، و «موافقة الخُبْر الخَبر» (١/ ١٤٥)، و «التلخيص الحبير» (٤/ ١٩٠)، و «السلسلة الضعيفة» (٥٨). (٥) انظر: «تعبير الرؤيا» لابن قتيبة (١١٢)، و «البدر المنير» للشهاب العابر المقدسي (٢١٧)، و «حلية الأولياء» (٢/ ٢٧٧).

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