profitait aux gens. (1)
Ibn Jurayj rapporte, d’après ‘Atâ’, d’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée) : « Le Jour de la Résurrection, on fera comparaître le dévot et le juriste ; on dira au dévot : “Entre au Paradis”, et l’on dira au juriste : “Intercède.” » (2)
Ce rapprochement recèle encore une autre finesse : l’ignorance est comparable à la nuit par son obscurité épaisse, tandis que les savants et les adorateurs ressemblent, au sein de ces ténèbres, à la lune et aux étoiles qui s’y lèvent ; et la supériorité de la lumière du savant sur celle du dévot est analogue à celle du clair de lune sur l’éclat des astres.
Par ailleurs, la religion tient sa solidité, son ornement et sa sécurité de ses savants et de ses adorateurs : si ceux-ci disparaissent, la religion s’efface, de même que le ciel ne doit sa parure et sa sauvegarde qu’à sa lune et à ses étoiles ; qu’une éclipse obscurcisse la lune et que les étoiles se dispersent, et ce qui lui a été promis fondra sur lui. Ainsi, la prééminence des savants de la religion sur les dévots équivaut à la différence qui sépare la lune des étoiles.
On pourra objecter : pourquoi donc le savant a-t-il été comparé à la lune plutôt qu’au soleil, dont la lumière est pourtant plus éclatante ?