ne sont rien de plus que des récits rapportés des adeptes de l’auspice par le vol des oiseaux (zajr al-ṭayr), de l’ʿiyāfa et d’autres “sciences” de l’époque préislamique. Il se lança alors dans une longue digression à leur sujet, évoquant aussi la contagion, le mauvais présage, les histoires et les poèmes que les Arabes ont transmis à ce propos, l’interprétation des passages du Coran et de la sunna qui les concernent, ainsi que les positions des imams et des anciens.
Voilà donc le cinquième thème : une étude originale mêlant jurisprudence, histoire et littérature, parfaitement autonome comme tu peux le constater.
Lorsque Ibn al-Qayyim l’eut achevée, il conclut l’ouvrage en déclarant : « Que ceci soit la fin du livre… ».
Tels sont, en résumé, les jalons et les matières de cette longue digression. D’un point de vue méthodologique, il eût été préférable de les traiter dans des écrits spécialisés distincts et d’y renvoyer lorsqu’ils étaient déjà disponibles, comme il l’a fait lorsqu’il mentionna l’art de « l’alchimie » en exposant la sagesse de la création, de la rareté et de la valeur de l’or et de l’argent (p. 633). Il en montra alors la fausseté en quelques lignes, puis ajouta : « Nous avons exposé son inanité et démontré sa corruption sous quarante aspects dans une épître indépendante. » Vois-tu que, s’il avait développé ces quarante aspects avec la même ampleur qu’ailleurs, les cinq thèmes se seraient augmentés d’un sixième ?
À défaut, il pouvait encore se proposer de les traiter ultérieurement dans un ouvrage à part, comme il l’a fait (p. 588) lorsqu’il rencontra l’argument du conflit de prétendants dans les deux versets des sourates “Les Prophètes” et “Les Croyants” ; il s’en tint à une brève allusion avant d’ajouter : « Nous consacrerons, si Allah le veut, un livre indépendant aux preuves de l’unicité (tawḥîd). »
Il en alla de même (p. 711) lorsqu’il compara le miel et le sucre, puis conclut : « Nous réserverons, si Allah le veut, un article pour montrer, par de multiples voies incontestables et des arguments nombreux qu’on ne saurait repousser, la supériorité du miel sur le sucre. »