Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qu’Allah a pourvu de richesses et qu’Il l’a autorisé à les dépenser jusqu’à les épuiser dans la voie de la vérité ; et un homme à qui Allah a accordé la sagesse : il juge selon elle et l’enseigne. » (1)

Le Prophète ﷺ fait ainsi savoir qu’il n’est permis à personne d’envier autrui — c’est-à-dire d’une envie d’émulation consistant à souhaiter le même bienfait sans souhaiter qu’il disparaisse chez l’autre — si ce n’est dans l’un de ces deux cas : faire du bien aux gens grâce à son savoir, ou grâce à sa fortune. En dehors de ces deux situations, point n’est besoin d’envier autrui ni de désirer posséder son état, car l’utilité que les gens en retirent est minime.

Quarante-sixième aspect : At-Tirmidhî rapporte : « Muḥammad ibn ʿAbd al-Aʿlâ nous a raconté ; Salama ibn Rajâʾ nous a raconté ; al-Walîd ibn Jamîl nous a raconté ; al-Qâsim, d’après Abû Umâma al-Bâhilî — qu’Allah l’agrée — a dit : On évoqua devant le Messager d’Allah ﷺ deux hommes, l’un dévoué à l’adoration et l’autre savant. Le Messager d’Allah ﷺ déclara : “La supériorité du savant sur l’adorateur est semblable à ma supériorité sur le plus humble d’entre vous.” Puis il ajouta : “Allah, Ses anges, les habitants des cieux et de la terre, jusqu’à la fourmi dans son trou et jusqu’au poisson dans la mer, prient pour celui qui enseigne le bien aux gens.” » (2)

At-Tirmidhî dit : « Ce hadith est bon et singulier ; j’ai entendu Abû ʿAmmâr al-Ḥusayn ibn

(1) Sahih al-Bukhari, nº 73 ; Sahih Muslim, nº 816. (2) Rapporté par al-Tirmidhi, nº 2685, et par al-Tabarani dans al-Kabir, 8/233, entre autres, avec une chaîne de transmission jugée faible. Le manuscrit de Karukhi (f. 177a) et Tuhfat al-Ashraf, 4/177, portent la mention : « hasan gharib sahih », tandis que l’édition imprimée indique seulement : « hasan gharib ». La première partie du hadith trouve un appui dans un mursal de Makhul et al-Hasan chez al-Darimi (294 ; 346), et la seconde partie est corroborée par un hadith d’Abu al-Darda, qui sera cité plus loin.
آتاه اللهُ مالًا فسلَّطه على هَلَكَتِه في الحقِّ، ورجل آتاه اللهُ الحكمة فهو يقضي بها ويعلِّمها» (١). فأخبرَ ﷺ أنه لا ينبغي لأحدٍ أن يحسدَ أحدًا ــ يعني: حسدَ غِبْطة ــ ويتمنَّى مثلَ حاله من غير أن يتمنَّى زوال نعمة الله عنه= إلا في واحدةٍ من هاتين الخصلتين، وهي الإحسانُ إلى الناس بعلمه، أو بماله. وما عدا هذين فلا ينبغي غبطتُه ولا تمنِّي مثل حاله؛ لقلَّة منفعة الناس به. الوجه السادس والأربعون: قال الترمذي: «حدثنا محمد بن عبد الأعلى: حدثنا سلمةُ بن رجاء: حدثنا الوليدُ بن جميل: حدثنا القاسم، عن أبي أمامة الباهليِّ قال: ذُكِرَ لرسول الله ﷺ رجلان، أحدُهما عابد، والآخرُ عالم، فقال رسولُ الله ﷺ: «فضلُ العالم على العابد كفضلي على أدناكم»، ثم قال رسولُ الله ﷺ: «إنَّ اللهَ وملائكتَه وأهلَ السموات والأرض، حتى النملة في جُحْرها، وحتى الحوتَ في بَحْره، ليصلُّون على معلِّم الناس الخير» (٢). قال الترمذي: «وهذا حديثٌ حسنٌ غريب، سمعتُ أبا عمار الحسين بن
(١) «صحيح البخاري» (٧٣)، و «صحيح مسلم» (٨١٦). (٢) أخرجه الترمذي (٢٦٨٥)، والطبراني في «الكبير» (٨/ ٢٣٣)، وغيرهما بإسنادٍ فيه ضعف. وفي نسخة الكروخي (ق ١٧٧/أ) و «تحفة الأشراف» (٤/ ١٧٧): «حسن غريب صحيح». وفي المطبوعة: «حسن غريب». ولأول الحديث شاهدٌ من مرسل مكحول والحسن عند الدارمي (٢٩٤، ٣٤٦)، ولآخره شاهد من حديث أبي الدرداء ﵁، وسيأتي.

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