Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et du faux. Il — exalté soit-Il — a ainsi comparé la science qu’Il a révélée à Son Messager à l’eau qu’Il fait descendre du ciel, parce que l’un et l’autre procurent la vie et assurent aux serviteurs leurs intérêts, ici-bas comme dans l’au-delà.

Il a ensuite assimilé les cœurs aux vallées : un cœur vaste, capable de contenir beaucoup de science, ressemble à une grande vallée qui recueille une abondante eau ; un cœur étroit, qui n’embrasse qu’un savoir limité, est comparable à une petite vallée qui ne reçoit qu’un mince filet d’eau. D’où Sa parole : « Les vallées débordent selon leur capacité. »

« Le torrent charrie une écume abondante » : Allah — glorifié soit-Il — donne là l’image du savoir lorsqu’il pénètre le cœur avec sa douceur ; il en extrait l’écume des faux soupçons, laquelle vient alors flotter (1) à la surface du cœur, tout comme le torrent arrache à la vallée une écume qui surnage l’eau.

Il précise que cette écume est « abondante » (râbiy), c’est-à-dire qu’elle gonfle et flotte sur l’eau sans jamais se fixer au fond du lit. De même, lorsque la science expulse les pseudo-arguments mensongers, ceux-ci montent au-dessus du cœur et y flottent ; ils ne s’y incrustent pas, mais sont repoussés puis rejetés. Ce qui demeure dans le cœur, et profite à son détenteur comme aux autres, c’est la guidance et la religion de vérité, tout comme l’eau limpide reste dans la vallée tandis que l’écume s’en va, tarie. « Nul ne saisit les paraboles d’Allah si ce n’est les savants » (2).

Allah — exalté soit-Il — propose ensuite un autre exemple : « Et, de ce qu’ils fondent au feu pour en tirer parures ou ustensiles, surgit une écume semblable. » Autrement dit, lorsque les fils d’Adam font fondre l’or, l’argent, le cuivre ou le fer, il en sort les scories ; c’est cette écume que le feu fait apparaître et rejette.

(1) (T) : « fa-taṭfu ». (2) Pour cette parabole de l’eau – ainsi que pour celle du feu qui suit –, voir Al-Wâbil al-Sayyib, p. 133-134 et 143.
وَالْبَاطِلَ﴾ [الرعد: ١٧]؛ شبَّه سبحانه العلمَ الذي أنزله على رسوله بالماء الذي أنزله من السماء؛ لِمَا يحصُل بكلِّ واحدٍ منهما من الحياة ومصالح العباد في معاشهم ومعادهم. ثمَّ شبَّه القلوبَ بالأودية؛ فقلبٌ كبيرٌ يسع علمًا كثيرًا، كوادٍ عظيمٍ يسعُ ماءً كثيرًا، وقلبٌ صغيرٌ إنما يسعُ علمًا قليلًا، كوادٍ صغيرٍ إنما يسعُ ماءً قليلًا؛ فقال: ﴿فَسَالَتْ أَوْدِيَةٌ بِقَدَرِهَا﴾. ﴿فَاحْتَمَلَ السَّيْلُ زَبَدًا رَابِيًا﴾: هذا مثلٌ ضربه الله تعالى للعلم حين تخالِطُ القلوبَ بشاشتُه؛ فإنه يستخرجُ منها زَبَدَ الشُّبهات الباطلة، فيطفو (١) على وجه القلب، كما يستخرجُ السَّيلُ من الوادي زَبَدًا يعلو فوق الماء. وأخبرَ سبحانه أنه رابٍ، أي: يطفو ويعلو على الماء، لا يستقرُّ في أرض الوادي، كذلك الشُّبهاتُ الباطلةُ إذا أخرجها العلمُ رَبَتْ فوق القلب وطَفَتْ، فلا تستقرُّ فيه، بل تُجفى وتُرمى، ويستقرُّ في القلب ما ينفعُ صاحبَه والناسَ من الهدى ودين الحقِّ، كما يستقرُّ في الوادي الماءُ الصافي، ويذهبُ الزَّبدُ جفاءً، وما يعقِلُ عن الله أمثالَه إلا العالِمون (٢). ثمَّ ضربَ سبحانه لذلك مثلًا آخر، فقال: ﴿وَمِمَّا يُوقِدُونَ عَلَيْهِ فِي النَّارِ ابْتِغَاءَ حِلْيَةٍ أَوْ مَتَاعٍ زَبَدٌ مِثْلُهُ﴾ يعني: أنَّ مما يُوقِدُ عليه بنو آدم من الذهب والفضَّة والنحاس والحديد يخرجُ منه خَبَثُه، وهو الزَّبدُ الذي تلقيه النارُ وتُخْرِجُه
(١) (ت): «فتطفوا». (٢) انظر لهذا المثل المائيِّ، والمثل الناريِّ الذي بعده: «الوابل الصيب» (١٣٣ - ١٣٤، ١٤٣).

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