Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Puis il a réparti les hommes en trois catégories (1), selon leur disposition : à accueillir cette science, à la mémoriser, à en saisir les significations, à en déduire les prescriptions, à en extraire les sagesses et les bienfaits.

La première catégorie est celle de ceux qui à la fois mémorisent et comprennent : ils ont appris le texte par cœur et l’ont assimilé, ont saisi ses sens, en ont déduit les diverses règles, sagesses et profits. Ceux-là sont comparables à une terre qui reçoit l’eau ; le fait d’absorber l’eau correspond ici à la mémorisation. Elle fait ensuite pousser une herbe et un pâturage abondants ; telle est la compréhension, la connaissance et l’inférence, qui tiennent le même rôle que la germination provoquée par l’eau.

Tel est le portrait des mémorisateurs-juristes, détenteurs à la fois de la transmission et de la compréhension.

La deuxième catégorie est celle des seuls mémorisateurs : Allah leur a accordé le don de retenir, de transmettre et de préserver le texte, mais Il ne leur a pas accordé la compréhension approfondie de ses significations, ni l’aptitude à en déduire règles, sagesses et profits. Ils ressemblent à celui qui lit le Coran, le mémorise, veille à ses lettres et à sa grammaire, sans que lui soit conférée une compréhension particulière de la part d’Allah, comme l’a dit ʿAlî ibn Abî Tâlib — qu’Allah l’ennoblisse : « … hormis la compréhension qu’Allah accorde à l’un de Ses serviteurs dans Son Livre » (2).

Les gens divergent en effet de manière extrême dans ce qu’ils comprennent d’Allah et de Son Messager : tel tirera d’un même texte un ou deux jugements, tandis qu’un autre en dégagera cent ou deux cents.

Ces derniers sont semblables à la terre qui retient l’eau pour les gens, si bien qu’ils en bénéficient : l’un en boit, un autre abreuve, un autre encore irrigue ses cultures.

Ces deux premières catégories sont les bienheureux, la première jouissant toutefois d’un rang plus élevé et d’un mérite supérieur. Telle est la grâce d’Allah : Il la confère à qui Il veut, et Allah est le Détenteur d’une grâce immense.

(1) Voir Al-Wabil al-Sayyib, p. 135-141, ainsi que le commentaire afférent. (2) Hadith rapporté par al-Bukhari, n° 111.
ثمَّ قسَّم الناس إلى ثلاثة أقسام (١)، بحسب قبولهم واستعدادهم لحفظه، وفهم معانيه، واستنباط أحكامه، واستخراج حِكَمه وفوائده: أحدها: أهلُ الحفظ والفهم، الذين حَفِظُوه وعَقَلوه، وفهموا معانيه، واستنبطوا وجوهَ الأحكام والحِكَم والفوائد منه؛ فهؤلاء بمنزلة الأرض التي قَبِلَت الماء، وهذا بمنزلة الحفظ. فأنبتت الكلأ والعشبَ الكثير، وهذا هو الفهمُ فيه والمعرفةُ والاستنباط؛ فإنه بمنزلة إنبات الكلأ والعشب بالماء. فهذا مثَلُ الحفَّاظ الفقهاء، أهل الرواية والدراية. القسم الثاني: أهلُ الحفظ، الذين رُزِقوا حفظَه ونقلَه وضبطَه، ولم يُرزقوا تفقُّهًا في معانيه، ولا استنباطًا ولا استخراجًا لوجوه الحِكَم والفوائد منه؛ فهم بمنزلة من يقرأ القرآنَ ويحفظُه، ويراعي حروفَه وإعرابَه، ولم يُرْزَق فيه فهمًا خاصًّا عن الله، كما قال عليُّ بن أبي طالب ﵁: «إلا فهمًا يؤتيه اللهُ عبدًا في كتابه» (٢). والناسُ متفاوتون في الفهم عن الله ورسوله أعظمَ تفاوت، فرُبَّ شخصٍ يفهمُ من النصِّ حكمًا أو حكمين، ويفهمُ منه الآخرُ مئةً أو مئتين. فهؤلاء بمنزلة الأرض التي أمسكت الماءَ للناس، فانتفعوا به؛ هذا يشربُ منه، وهذا يسقي، وهذا يزرع. فهؤلاء القسمان هم السُّعداء، والأولون أرفعُ درجةً وأعلى قدرًا، وذلك فضلُ الله يؤتيه من يشاء، والله ذو الفضل العظيم.
(١) انظر: «الوابل الصيب» (١٣٥ - ١٤١) والتعليق عليه. (٢) أخرجه البخاري (١١١).

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