Puis il a réparti les hommes en trois catégories (1), selon leur disposition : à accueillir cette science, à la mémoriser, à en saisir les significations, à en déduire les prescriptions, à en extraire les sagesses et les bienfaits.
La première catégorie est celle de ceux qui à la fois mémorisent et comprennent : ils ont appris le texte par cœur et l’ont assimilé, ont saisi ses sens, en ont déduit les diverses règles, sagesses et profits. Ceux-là sont comparables à une terre qui reçoit l’eau ; le fait d’absorber l’eau correspond ici à la mémorisation. Elle fait ensuite pousser une herbe et un pâturage abondants ; telle est la compréhension, la connaissance et l’inférence, qui tiennent le même rôle que la germination provoquée par l’eau.
Tel est le portrait des mémorisateurs-juristes, détenteurs à la fois de la transmission et de la compréhension.
La deuxième catégorie est celle des seuls mémorisateurs : Allah leur a accordé le don de retenir, de transmettre et de préserver le texte, mais Il ne leur a pas accordé la compréhension approfondie de ses significations, ni l’aptitude à en déduire règles, sagesses et profits. Ils ressemblent à celui qui lit le Coran, le mémorise, veille à ses lettres et à sa grammaire, sans que lui soit conférée une compréhension particulière de la part d’Allah, comme l’a dit ʿAlî ibn Abî Tâlib — qu’Allah l’ennoblisse : « … hormis la compréhension qu’Allah accorde à l’un de Ses serviteurs dans Son Livre » (2).
Les gens divergent en effet de manière extrême dans ce qu’ils comprennent d’Allah et de Son Messager : tel tirera d’un même texte un ou deux jugements, tandis qu’un autre en dégagera cent ou deux cents.
Ces derniers sont semblables à la terre qui retient l’eau pour les gens, si bien qu’ils en bénéficient : l’un en boit, un autre abreuve, un autre encore irrigue ses cultures.
Ces deux premières catégories sont les bienheureux, la première jouissant toutefois d’un rang plus élevé et d’un mérite supérieur. Telle est la grâce d’Allah : Il la confère à qui Il veut, et Allah est le Détenteur d’une grâce immense.