Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et dans leur récit se trouvent des leçons, des signes et des sagesses qu’il n’est pas, ici, le lieu de détailler ⦗1⦘.

Trente-cinquième aspect : la parole du Très-Haut : « Les croyants ne doivent pas tous partir ; que, de chaque groupe d’entre eux, parte plutôt une faction afin qu’ils s’instruisent dans la religion et qu’ils avertissent leur peuple lorsqu’ils retournent auprès d’eux — peut-être se prémuniront-ils. » ⦗Coran 9, 122⦘. Allah — exalté soit-Il — a ainsi convié les croyants à approfondir la compréhension de la religion — c’est-à-dire à l’apprendre — et à avertir leur peuple à leur retour — c’est-à-dire à l’enseigner.

Les exégètes ont divergé au sujet de ce verset ⦗2⦘.

On a dit : le sens est que les croyants ne sont pas tenus de partir tous pour étudier et apprendre ; il convient plutôt que, de chaque clan, parte un groupe, lequel s’adonne à l’étude, puis revient enseigner ceux qui sont restés. Le départ est alors un départ pour l’acquisition du savoir, et le terme « groupe » peut désigner une seule personne ou davantage. Ils en déduisent donc une preuve de la recevabilité du témoignage d’un seul transmetteur. C’est ainsi qu’Ach-Châfiʿî et nombre d’autres l’ont comprise ⦗3⦘.

Une autre école a dit : le sens est que les croyants n’avaient pas à partir tous au djihad ; il convient plutôt qu’une faction s’engage dans le combat tandis qu’une autre demeure pour approfondir la religion. Lorsque la faction partie revient, ceux qui sont restés l’instruisent de ce qui a été révélé concernant la religion, le licite et l’illicite.

(1) Sur ce point, voir un chapitre fort instructif dans «Taysir al-Karim ar-Rahman» d’al-Saʿdi, p. 483-485. (2) Voir : «Iʿlam al-Muwaqqiʿin», 2/252, ainsi que «Badaʾiʿ al-Fawaʾid», p. 1636. (3) Voir : «al-Faqih wa-l-Mutafaqqih», 1/279 ; «al-Wadih» d’Ibn ʿAqil, 4/367 ; et «al-Fusul» d’al-Jassas, 3/75, 94, 147. Il est rapporté de l’imam al-Shafiʿi qu’il invoque ce verset à l’appui de l’acceptation du khabar al-wahid (récit isolé), tout en conservant pour le mot nifir son sens premier d’expédition guerrière. Voir : «al-Majmuʿ», 4/305 ; «Fath al-Bari», 13/244 ; «ar-Risala», p. 988 ; et «al-Umm», 5/368, 384.
وفي قصَّتهما عبرٌ وآياتٌ وحِكَمٌ ليس هذا موضع ذكرها (١). الوجه الخامس والثلاثون: قولُه تعالى: ﴿وَمَا كَانَ الْمُؤْمِنُونَ لِيَنْفِرُوا كَافَّةً فَلَوْلَا نَفَرَ مِنْ كُلِّ فِرْقَةٍ مِنْهُمْ طَائِفَةٌ لِيَتَفَقَّهُوا فِي الدِّينِ وَلِيُنْذِرُوا قَوْمَهُمْ إِذَا رَجَعُوا إِلَيْهِمْ لَعَلَّهُمْ يَحْذَرُونَ﴾ [التوبة: ١٢٢]، وندبَ تعالى المؤمنين إلى التفقُّه في الدِّين ــ وهو تعلُّمه ــ، وإنذار قومهم إذا رجعوا إليهم ــ وهو التعليم ــ. وقد اختُلِف في الآية (٢): فقيل: المعنى: أنَّ المؤمنين لم يكونوا لينفروا كلُّهم للتفقُّه والتعلُّم، بل ينبغي أن ينفر من كلِّ فرقةٍ منهم طائفة، تتفقَّه تلك الطائفةُ ثم ترجع تعلِّم القاعدين؛ فيكونُ النفيرُ على هذا نفيرَ تعلُّم، والطائفةُ تقالُ على الواحد فما زاد. قالوا: فهو دليلٌ على قبول خبر الواحد. وعلى هذا حمَلها الشافعيُّ وجماعة (٣). وقالت طائفةٌ أخرى: المعنى: وما كان المؤمنون لينفروا إلى الجهاد كلُّهم، بل ينبغي أن تنفرَ طائفةٌ للجهاد، وفرقةٌ تقعدُ تتفقَّه في الدِّين، فإذا جاءت الطائفةُ التي نفرت فقَّهَتها القاعدةُ وعلَّمتها ما أنزل من الدِّين والحلال والحرام.
(١) انظر لها فصلًا ماتعًا في «تيسير الكريم الرحمن» للسعدي (٤٨٣ - ٤٨٥). (٢) انظر: «إعلام الموقعين» (٢/ ٢٥٢)، و «بدائع الفوائد» (١٦٣٦). (٣) انظر: «الفقيه والمتفقه» (١/ ٢٧٩)، و «الواضح» لابن عقيل (٤/ ٣٦٧)، و «الفصول» للجصاص (٣/ ٧٥، ٩٤، ١٤٧). والمنقول عن الشافعي الاستدلال بالآية على قبول خبر الواحد، مع اعتبار النفير على بابه نفيرَ جهاد. انظر: «المجموع» (٤/ ٣٠٥)، و «فتح الباري» (١٣/ ٢٤٤)، و «الرسالة» (٩٨٨)، و «الأم» (٥/ ٣٦٨، ٣٨٤).

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