Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

a proposé en parabole un chemin parfaitement droit ; de part et d’autre de ce chemin (1) s’élèvent deux murailles percées de portes grandes ouvertes, à chaque porte pend un rideau. Un crieur appelle depuis le chemin et un autre crieur appelle au-dessus de lui. Puis il récita : « Allah appelle à la demeure de la paix et guide qui Il veut vers un chemin droit » [Yûnus, 25]. Les portes qui bordent le chemin représentent les limites fixées par Allah ; nul ne franchit les limites d’Allah sans avoir d’abord soulevé le rideau. Quant au crieur placé au-dessus, il s’agit de l’exhortateur envoyé par son Seigneur. »

Ce ḥadith est rapporté par at-Tirmidhî — c’est sa formulation — ainsi que par l’imâm Aḥmad, dont la version précise : « … le crieur à l’entrée du chemin est le Livre d’Allah, et le crieur au-dessus du chemin est l’exhortation qu’Allah fait retentir dans le cœur de chaque croyant » (2).

Il mentionne donc les deux fondements : l’appel du Coran et l’appel de la foi.

Hudhayfa a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ nous a informés que l’amāna (la probité) fut déposée à la racine du cœur des hommes, puis le Coran est descendu ; ils ont ainsi acquis [la science] par la foi, puis ils l’ont acquise par le Coran » (3).

Dans les deux Ṣaḥīḥ, on trouve également, d’après Abû Mûsâ al-Ashʿarî — qu’Allah l’agrée —

(1) al-kinf : le flanc, le côté (cf. an-Nihaya, s.v. « kinf »). Dans le manuscrit T et dans quelques chaînes de transmission, on lit « katifay » (les deux épaules), terme de sens équivalent. (2) Rapporté par Aḥmad, 4/182-183 ; at-Tirmidhî, 2958 ; an-Nasâʾî, al-Kubrà, « Tafsîr », 11169, entre autres voies. At-Tirmidhî juge le ḥadith « ḥasan gharîb » (d’après Tuḥfat al-Ašrâf, 9/61). Ibn Kathîr le qualifie d’« isnâd ḥasan ṣaḥîḥ » (Tafsîr, 1/161). Al-Ḥâkim (1/73) déclare pour l’une de ses voies : « ḥadith ṣaḥîḥ selon les critères de Muslim, exempt de défaut, non retenu par al-Bukhârî et Muslim » ; adh-Dhahabî ne l’a pas critiqué. (3) Rapporté par al-Bukhârî, 6496, et Muslim, 143.
ضرب مثلًا، صراطًا مستقيمًا، وعلى كَنَفَي الصِّراط (١) سُوران لهما أبوابٌ مفتَّحة، وعلى الأبواب سُتور، وداعٍ يدعو على الصِّراط، وداعٍ يدعو فوقه، ﴿وَاللَّهُ يَدْعُو إِلَى دَارِ السَّلَامِ وَيَهْدِي مَنْ يَشَاءُ إِلَى صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ﴾ [يونس: ٢٥]، والأبوابُ التي على كَنَفَي الصِّراط حدودُ الله، فلا يقعُ أحدٌ في حدود الله حتى يكشفَ السِّتر، والذي يدعو من فوقه واعظُ ربِّه». رواه الترمذيُّ ــ وهذا لفظُه ــ، والإمامُ أحمد ولفظُه: « ... والدَّاعي على رأس الصِّراط كتابُ الله، والداعي فوق الصِّراط واعظُ الله في قلب كلِّ مؤمن» (٢). فذكرَ الأصلين؛ وهما: داعي القرآن، وداعي الإيمان. وقال حذيفة: «حدثنا رسولُ الله ﷺ أنَّ الأمانة نزلت في جَذْرِ قلوب الرِّجال، ثمَّ نزل القرآن، فعَلِمُوا من الإيمان، ثمَّ عَلِمُوا من القرآن» (٣). وفي «الصحيحين» من حديث أبي موسى الأشعري ﵁ عن
(١) الكنف: الجانب والناحية. «النهاية» (كنف). وفي (ت) وبعض مصادر الحديث: «كتفَي» بالتاء، وهي بمعنى المثبت. (٢) أخرجه أحمد (٤/ ١٨٢، ١٨٣)، والترمذي (٢٩٥٨)، والنسائي في «التفسير» من «الكبرى» (١١١٦٩)، وغيرهم من طرق. قال الترمذي ــ كما في «تحفة الأشراف» (٩/ ٦١) ــ: «حسن غريب»، وقال ابن كثير في «التفسير» (١/ ١٦١): «هذا إسناد حسن صحيح»، وقال الحاكم (١/ ٧٣) عن أحد طرقه: «هذا حديث صحيح على شرط مسلم، ولا أعرف له علة، ولم يخرجاه». ولم يتعقبه الذهبي. (٣) أخرجه البخاري (٦٤٩٦)، ومسلم (١٤٣).

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