Un exemple analogue est ce qu’Il fit avec Son Prophète Joseph, lorsque Dieu voulut manifester sa supériorité et sa dignité sur tous les gens de son époque : Il mit en évidence, devant le roi et les habitants d’Égypte, la science dont Joseph disposait pour l’interprétation du songe royal, science devant laquelle les savants de l’onirocritie demeurèrent impuissants. Ce n’est qu’alors que le roi le fit avancer, l’établit solidement et lui confia les trésors du pays. Auparavant, il l’avait gardé en prison, séduit par la seule beauté de son visage et l’harmonie de ses traits. Mais lorsque se révéla à lui la beauté de la « forme » de son savoir et l’éclat de sa connaissance, il le libéra de sa geôle et lui donna autorité (1) sur la terre. Il ressort de là que l’apparence du savoir, chez les fils d’Adam, est plus resplendissante et plus belle que l’apparence sensible (2), même si cette dernière est, en soi, la plus parfaite des formes.
Voilà donc un argument indépendant en faveur de la supériorité du savoir, qui vient s’ajouter à ceux déjà évoqués ; nous en totalisons ainsi trente.
Trente-et-unième argument : Dieu — exalté soit-Il — a blâmé les ignorants en de nombreux passages de Son Livre :
« Cependant, la plupart d’entre eux sont ignorants » [Les Bestiaux, 111].
Il dit encore : « Mais la plupart d’entre eux ne savent pas » (3).
Et Il dit : « Penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou raisonnent ? Ils ne sont que comme le bétail ; non, ils sont même plus égarés encore » [Le Discernement, 44]. Ainsi, Dieu ne S’est pas contenté de comparer les ignorants au bétail ; Il les a même déclarés plus égarés qu’eux.