l’introduction, à laquelle il renvoyait dans ces passages. Il suspendit alors sa plume, après l’avoir laissée courir à sa guise, et choisit de consacrer l’ouvrage uniquement à la première partie, à savoir la science et tout ce qui s’y rattache ; il le conclut donc en déclarant : « Que ceci soit la fin du livre… » !
Il semble qu’il ait décidé de réserver la question de la seconde partie à un autre volume autonome. Il revint donc à la préface et y ajouta – à l’endroit où il indiquait que le livre reposait sur ces deux fondements – les lignes suivantes : « Nous lui adjoindrons, si Allah le veut, une fois celui-ci achevé, un ouvrage traitant de l’amour, de ses catégories, de ses prescriptions, de ses bienfaits, de ses fruits, de ses causes et de ses obstacles, de ce qui le fortifie ou l’affaiblit, et des preuves, sous toutes leurs formes – révélation, raison, nature première, analogie, induction, goût spirituel et expérience intime – établissant qu’il doit être exclusivement tourné vers le Dieu véritable, en dehors duquel il n’est point de divinité ; il ne convient d’ailleurs qu’il existe que pour Lui et à cause de Lui. Nous y réfuterons ceux qui le nient et démontrerons la fausseté de leur propos par la raison, la révélation, la nature première, l’analogie, le goût intérieur et l’expérience vécue. »
Il se peut que cet ouvrage ne soit autre que Al-Mawrid al-ṣâfî wa-l-ẓill al-ḍâfî, ou Qurra ʿuyûn al-muḥibbîn wa-rawḍat al-ʿârifîn, comme je l’ai expliqué dans ma note à cet endroit.
Observe à présent l’ampleur de cette longue et étonnante digression !
- Il a ouvert la première partie, consacrée à la science et à sa noblesse, en énumérant les arguments qui l’attestent. Parvenu au cent cinquante-troisième argument, rapporté d’un pieux prédécesseur disant : « Une heure de méditation vaut mieux que soixante années d’adoration », il a dérivé vers un exposé sur la méditation, ses objets et ses voies, puis a poursuivi, au fil de nombreux chapitres, pour décrire l’admirable création d’Allah, la splendeur de Son œuvre et la perfection de Sa gestion de la création !
Il s’agit là d’un thème autonome qu’il eût été plus approprié de traiter dans un livre distinct. Ibn al-Qayyim s’y emploie et s’y attarde dans plusieurs de ses écrits, notamment Shifâʾ al-ʿalîl et Aymân al-Qurʾân. Si l’on rassemblait