Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ismâʿîl ibn Isḥâq al-Qâḍî. On porta contre lui une accusation; le juge interrogea l’accusé, qui nia. Il demanda alors au plaignant : « As-tu une preuve ? » — « Oui : untel et untel. » Le juge répondit : « Quant à untel, il fait partie de mes témoins (1); quant à untel, il ne fait pas partie de mes témoins. » Le plaignant insista : « Le juge le connaît, n’est-ce pas ? » — « Oui. » — « Par quoi le connais-tu ? » — « Je le connais pour sa consignation (2) du hadith. » — « Et qu’en sais-tu dans sa consignation du hadith ? » — « Je n’ai jamais rien su de lui si ce n’est le bien. » Le juge conclut : « Le Prophète ﷺ a dit : “Ce savoir sera porté, à chaque génération, par des hommes probes.” Celui que le Messager d’Allah a déclaré probe est plus digne de confiance que celui que toi-même tu as déclaré probe. Lève-toi donc et fais-le venir, j’ai accepté son témoignage (3). »

Le commentaire détaillé de ce hadith viendra, si Allah le veut, en son lieu.

Cinquièmement : Il les a qualifiés de “détenteurs du savoir”, signe qu’ils lui sont exclusivement rattachés ; ils en sont les véritables gens et compagnons, non des usurpateurs.

Sixièmement : Allah, exalté soit-Il, a pris pour témoins Sa propre personne — le plus noble des témoins — puis l’élite de Sa création, à savoir Ses anges et les savants parmi Ses serviteurs ; cela suffit à établir leur mérite et leur honneur.

Septièmement : Il les a appelés à témoigner de la vérité la plus éminente, la plus grande et la plus sublime : l’attestation qu’il n’est de divinité qu’Allah. Or, lorsqu’une chose revêt une haute importance, un personnage de haut rang ne convoque comme témoins que les plus éminents et les plus nobles des créatures.

(1) Dès la fin du IIᵉ siècle, les juges choisissaient pour eux-mêmes des témoins dont l’intégrité avait été établie ; ils n’acceptaient donc que leurs dépositions. Plusieurs grands savants ont assumé cette fonction de témoin officiel. (2) (T) : « il écrit » ; dans (D), la première lettre est omise. (3) Rapporté par al-Khatib al-Baghdadi dans Sharaf ashab al-hadith, p. 57. Voir également un autre récit dans al-Tali‘ as-Sa‘id d’al-Adfawi, p. 696-697.
إسماعيل بن إسحاق القاضي، فادَّعى عليه دعوى، فسأل المدَّعى عليه، فأنكر، فقال للمدَّعي: ألك بيِّنة؟ قال: نعم، فلانٌ وفلان. قال: أمَّا فلانٌ فمِن شهودي (١)، وأمَّا فلانٌ فليس من شهودي. قال: فيعرفُه القاضي؟ قال: نعم. قال: بماذا؟ قال: أعرفه بكَتْب (٢) الحديث. قال: فكيف تعرفُه في كَتْبه الحديث؟ قال: ما علمتُ إلا خيرًا. قال: فإنَّ النبيَّ ﷺ قال: «يحملُ هذا العلمَ من كلِّ خلفٍ عدوله»؛ فمن عدَّله رسولُ الله ﷺ أولى ممَّن عدَّلتَه أنت. فقال: فقُم فهاتِه، فقد قبلتُ شهادتَه (٣). وسيأتي ــ إن شاء الله ــ الكلامُ على هذا الحديث في موضعه. الخامس: أنه وصَفهم بكونهم أولي العلم، وهذا يدلُّ على اختصاصهم به، وأنهم أهلُه وأصحابُه، ليس بمستعارٍ لهم. السادس: أنه سبحانه استشهَد بنفسه ــ وهو أجلُّ شاهد ــ، ثمَّ بخيار خلقه ــ وهم ملائكتُه والعلماءُ من عباده ــ، ويكفي بهذا فضلًا وشرفًا. السابع: أنه استشهَد بهم على أجلِّ مشهودٍ به وأعظمِه وأكبره، وهو شهادةُ أن لا إله إلا هو. والعظيمُ القَدْر إنما يستشهِدُ على الأمر العظيم أكابرَ الخلق وساداتهم.
(١) كان القضاة (منذ أواخر القرن الثاني) يتخذون لهم شهودًا ثبتت عدالتهم عندهم، فيقبلون شهاداتهم دون غيرهم، وقد ولي الشهادة جماعةٌ من أكابر العلماء. (٢) (ت): «يكتب». والحرف الأول مهمل في (د). (٣) أخرجه الخطيبُ البغدادي في «شرف أصحاب الحديث» (٥٧). واقرأ خبرًا آخر في «الطالع السعيد» للأدفوي (٦٩٦، ٦٩٧).

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