Il se montre arrogant envers les alliés du Messager et les membres de son parti, du bout de ses deux petits doigts (1), et il fréquente les gens de l’égarement et de l’ignorance, se serrant contre eux genou contre genou.
Il s’est abreuvé jusqu’à la lie d’une eau croupie, puis il lève les yeux et convoite les rangs des héritiers des Prophètes ; il galope, avec les ignorants, sur l’hippodrome de sa propre ignorance, les devançant même dans la sottise, et s’imagine dès lors faire partie des premiers. Pourtant, auprès d’Allah, de Son Messager et des croyants, il est tenu à l’écart de cet héritage prophétique ; quand les véritables héritiers prennent place à leurs degrés, la sienne en est l’extrémité la plus reculée, la plus distante.
Ils se sont installés à La Mecque, au sein des clans de Hâshim…
et moi j’ai campé dans la plaine aride, à l’endroit le plus lointain (2).
Ô Allah, refuge auprès de Toi contre celui qui a fait du blâme sa marchandise et du reproche son conseil ; sans relâche, il revient à la charge, rabâche ses remontrances, n’apportant ni ne retirant aucun profit.
Mieux encore : refuge auprès de Toi contre l’ennemi déguisé en conseiller, contre le pseudo-allié dont la peau dissimule une haine tenace ; il présente son inimitié et ses atteintes comme prudence (3) et sollicitude, et son découragement et son sabotage comme assistance et bienveillance !
Et puisque l’œil ne s’ouvre guère que sur ces gens-là, et que la balance, avec eux, s’allège sans jamais pencher du bon côté, combien il sied à l’homme avisé de ne leur accorder, dans son cœur (4), pas la moindre part d’attention, et de poursuivre, parmi eux, sa route vers son objectif comme on chemine parmi des morts alors qu’on est vivant.