car il est inévitable pour tout bienfait d’avoir son envieux, et pour toute vérité son détracteur obstiné.
Ceci dit, les significations et les joyaux dont cet ouvrage est porteur demeurent désormais en gage entre les mains de celui qui les méditera et les parcourra : à lui le butin, et à son auteur la dépense ; à lui le fruit et l’utilité, et à celui-ci le labeur (1) et la peine, sans parler de l’exposition qu’il s’impose aux traits des dénigreurs et aux critiques des compétiteurs (2), de la mise en vitrine de sa marchandise médiocre et de son esprit exténué devant l’intelligence de tous (3), et du risque qu’il prend en livrant sa personne et son honneur aux griffes des envieux et aux crocs des agresseurs.
Ainsi, ô lecteur, la part limpide est pour toi et la trouble pour son auteur ; c’est lui qui a supporté la plantation et la fatigue, et toi qui récoltes le fruit. Le voici désormais offert en cible aux flèches des archers ; il a d’abord demandé pardon à Allah pour toute défaillance ou erreur, puis (4) aux serviteurs croyants de leur Maître.
Ô Allah, nous cherchons refuge auprès de Toi contre celui dont la mesure est courte en science et en religion, mais dont le bras s’allonge dans l’ignorance et la nuisance faite à Tes serviteurs ; par ignorance, il prend la bienfaisance pour offense, la sunna pour innovation, la convenance pour ignominie ; par injustice, il rend la bonne action par un tort complet et la faute unique par dix.
Il a fait de l’arrogance à l’égard de la vérité et du mépris (5) des gens l’échelle qui mène aux faussetés qu’il chérit et agrée ; il ne reconnaît plus le convenable ni ne réprouve le blâmable, sauf lorsque cela épouse sa volonté ou contredit sa passion (6).