on n’y accède jamais que par la porte de la science et de la volonté ; la volonté est la porte qui mène à Lui, et la science en est la clé, dont l’ouverture en dépend. La perfection de tout être humain ne se réalise qu’à travers ces deux dimensions : une résolution qui l’élève et une connaissance qui l’éclaire (1) et le guide. En effet, les degrés du bonheur et du succès échappent au serviteur pour l’une de ces deux raisons, ou pour les deux à la fois :
– soit qu’il n’en possède aucune connaissance, et alors il ne bougera pas pour les rechercher ;
– soit qu’il les connaisse, mais que son aspiration ne se hisse pas jusqu’à elles.
Il demeure alors prisonnier de la bassesse de sa nature ; son cœur, détourné et renversé, reste loin de la perfection pour laquelle il a été créé. Il a ravalé son âme au rang du bétail, paissant parmi les troupeaux sans berger ; il savoure quelques bouchées de confort et d’oisiveté, trouve douce la couche de l’impuissance et de la paresse, à l’opposé de celui à qui l’on a dressé un étendard (2) et qui s’est empressé de le rejoindre, à qui l’on a béni la solitude sur la voie qu’il poursuit, si bien qu’il s’y est tenu et y a persévéré. Les élans irrésistibles de son désir (3) ne veulent rien d’autre que la migration vers Allah et Son Messager ; son âme n’apprécie de compagnons que le voyageur de passage qui chemine avec lui sur cette même route.
Or, puisque la perfection de la volonté dépend de la perfection de l’objet voulu, et que la noblesse du savoir suit la noblesse de la réalité connue, la suprême félicité du serviteur — point de bonheur ni de vie pour lui sans elle — réside en ce que sa volonté s’attache à ce qui ne périt ni ne disparaît, et que les résolutions de son aspiration voyagent vers la Présence du Vivant qui ne meurt pas. Et il n’y a pour lui aucune voie vers cette aspiration