et il a également été dit au sujet de ce verset qu’ils sont aveugles, muets et sourds à la bonne direction, comme on l’a affirmé au sujet de Sa parole : « Nous le rassemblerons le Jour de la Résurrection aveugle. » Ils disent en effet qu’en ce jour‐là ils parleront, entendront et verront.
Ceux qui soutiennent qu’il s’agit bien de l’aveuglement, de la mutité et de la surdité opposés à la vue, à l’ouïe et à la parole ajoutent : il s’agit d’une cécité, d’une surdité et d’une mutité limitées, non absolues ; ils sont aveugles et sourds à tout ce qui pourrait les réjouir. C’est ce qu’a rapporté Ibn ʿAbbâs : « Ils ne voient rien qui puisse les réjouir » (1).
D’autres ont avancé : ce rassemblement intervient lorsque les anges leur ôtent la vie ; ils quittent ce monde dans cet état et, lorsqu’ils se lèvent de leurs tombes pour se rendre sur le lieu du Jugement, ils se lèvent de même, puis, par la suite, ils entendent et voient. Cela est rapporté de al-Ḥasan.
D’autres encore ont estimé que cela n’a lieu qu’une fois qu’ils sont entrés en Enfer et qu’ils s’y sont établis : leurs facultés d’audition, de vision et de parole leur sont retirées lorsque le Seigneur — exalté soit-Il — leur dira : « Restez‐y, honnis, et ne Me parlez plus » (Al-Muʾminûn : 108). À ce moment, tout espoir s’éteint, leurs esprits se figent (2) et ils deviennent tous aveugles, muets et sourds ; ils ne voient plus, n’entendent plus, ne parlent plus, et l’on n’entend plus d’eux que des soupirs et des gémissements. Cet avis est rapporté par Muqâtil (3).
Quant à ceux qui estiment qu’il s’agit d’une cécité à l’égard de la preuve, leur propos n’est autre que de dire qu’ils ne possèdent aucune preuve