Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

l’objet⦗1⦘. Le verset ne signifie donc pas : « et quiconque se détourne de Me mentionner », car cela n’est qu’une conséquence logique que nous expliciterons sous un autre angle.

Une explication plus satisfaisante consiste à dire que le terme dhikr (rappel) est ici annexé comme un nom, et non comme un nom verbal lié à son complément. Le sens devient alors : « quiconque se détourne de Mon Livre et ne le suit pas ». En effet, le Coran est qualifié de dhikr. Allah — exalté soit-Il — dit : « Et ceci est un Rappel béni que Nous avons fait descendre » ⦗Al-Anbiyâʾ : 50⦘ ; « Voilà ce que Nous te récitons des signes et du Rappel plein de sagesse » ⦗Âl ʿImrân : 58⦘ ; « Il n’est rien d’autre qu’un Rappel pour les mondes » ⦗Al-Qalam : 52⦘ ; « Ceux qui ont mécru au Rappel lorsqu’il leur est parvenu… Or c’est assurément un Livre puissant » ⦗Fussilat : 41⦘ ; et : « Tu n’avertis réellement que celui qui suit le Rappel et craint le Tout-Miséricordieux » ⦗Yâ-Sîn : 11⦘.

Ainsi, cette annexion s’apparente à celle des noms invariables, où l’on ne vise pas à rattacher l’agent à son objet. On trouve un parallèle, pour les noms d’agent, dans les expressions : Ghâfir al-dhanb (Celui qui pardonne le péché), Qâbil al-tawb (Celui qui accueille le repentir), Shadîd al-ʿiqâb (Dur en châtiment). Dans ces tournures, il ne s’agit pas d’un acte sans cesse renouvelé, mais d’une qualité constante et inaliénable ; c’est pourquoi elles servent d’attributs au nom le plus illustre, Celui d’Allah — exalté soit-Il — dans Sa parole :
« La révélation du Livre émane d’Allah, le Puissant, l’Omniscient ;
Celui qui pardonne le péché, qui agrée le repentir, qui est sévère en châtiment,
Détenteur de la grâce abondante. Nulle divinité en dehors de Lui ;
vers Lui est la destination. » ⦗Ghâfir : 2-3⦘.

(1) Voir la présentation de cette explication – ainsi que de la suivante, jugée encore meilleure – dans : Ibn Taymiyya, Darʾ taʿârud (1/167) ; id., Majmûʿ al-fatâwâ (13/334) ; id., Minhâj as-sunna (2/155) ; Ibn al-Qayyim, as-Sawâʿiq al-mursala (pp. 845 et 1526) ; id., al-Wâbil as-sayyib (p. 106) ; id., Jalâʾ al-afhâm (p. 620) ; id., al-Fawâʾid (p. 246).
المفعول (١). وليس المعنى: «ومن أعرض عن أن يذكرني»، بل هذا لازمُ المعنى ومقتضاه من وجهٍ آخر سنذكره. وأحسنُ من هذا الوجه أن يقال: الذِّكرُ هنا مضافٌ إضافة الأسماء، لا إضافةَ المصادر إلى معمولاتها، والمعنى: «ومن أعرض عن كتابي ولم يتَّبعْه»؛ فإنَّ القرآن يسمَّى ذكرًا، قال تعالى: ﴿وَهَذَا ذِكْرٌ مُبَارَكٌ أَنْزَلْنَاهُ﴾ [الأنبياء: ٥٠]، وقال تعالى: ﴿ذَلِكَ نَتْلُوهُ عَلَيْكَ مِنَ الْآيَاتِ وَالذِّكْرِ الْحَكِيمِ﴾ [آل عمران: ٥٨] وقال تعالى: ﴿وَمَا هُوَ إِلَّا ذِكْرٌ لِلْعَالَمِينَ﴾ [القلم: ٥٢]، وقال تعالى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا بِالذِّكْرِ لَمَّا جَاءَهُمْ وَإِنَّهُ لَكِتَابٌ عَزِيزٌ﴾ [فصلت: ٤١]، وقال تعالى: ﴿إِنَّمَا تُنْذِرُ مَنِ اتَّبَعَ الذِّكْرَ وَخَشِيَ الرَّحْمَنَ﴾ [يس: ١١]. وعلى هذا، فإضافتُه كإضافة الأسماء الجوامد التي لا يُقْصَدُ بها إضافةُ العامل إلى معموله. ونظيرُه في إضافة اسم الفاعل: «غافر الذَّنب، وقابل التَّوب، شديد العقاب»، فإنَّ هذه الإضافات لم يُقْصَد بها قصدُ الفعل المتجدِّد، وإنما قُصِدَ بها قصدُ الوصف الثابت اللازم؛ ولذلك جرت أوصافًا على أعرف المعارف، وهو اسمُ الله تعالى، في قوله تعالى: ﴿تَنْزِيلُ الْكِتَابِ مِنَ اللَّهِ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ (٢) غَافِرِ الذَّنْبِ وَقَابِلِ التَّوْبِ شَدِيدِ الْعِقَابِ ذِي الطَّوْلِ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ إِلَيْهِ الْمَصِيرُ﴾ [غافر: ٢ - ٣].
(١) انظر تقرير هذا الوجه ــ والوجه الآتي الذي هو أحسن منه ــ في: «درء التعارض» (١/ ١٦٧)، و «مجموع الفتاوى» (١٣/ ٣٣٤)، و «منهاج السنة» (٢/ ١٥٥)، و «الصواعق المرسلة» (٨٤٥، ١٥٢٦)، و «الوابل الصيب» (١٠٦)، و «جلاء الأفهام» (٦٢٠)، و «الفوائد» (٢٤٦).

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