l’objet⦗1⦘. Le verset ne signifie donc pas : « et quiconque se détourne de Me mentionner », car cela n’est qu’une conséquence logique que nous expliciterons sous un autre angle.
Une explication plus satisfaisante consiste à dire que le terme dhikr (rappel) est ici annexé comme un nom, et non comme un nom verbal lié à son complément. Le sens devient alors : « quiconque se détourne de Mon Livre et ne le suit pas ». En effet, le Coran est qualifié de dhikr. Allah — exalté soit-Il — dit : « Et ceci est un Rappel béni que Nous avons fait descendre » ⦗Al-Anbiyâʾ : 50⦘ ; « Voilà ce que Nous te récitons des signes et du Rappel plein de sagesse » ⦗Âl ʿImrân : 58⦘ ; « Il n’est rien d’autre qu’un Rappel pour les mondes » ⦗Al-Qalam : 52⦘ ; « Ceux qui ont mécru au Rappel lorsqu’il leur est parvenu… Or c’est assurément un Livre puissant » ⦗Fussilat : 41⦘ ; et : « Tu n’avertis réellement que celui qui suit le Rappel et craint le Tout-Miséricordieux » ⦗Yâ-Sîn : 11⦘.
Ainsi, cette annexion s’apparente à celle des noms invariables, où l’on ne vise pas à rattacher l’agent à son objet. On trouve un parallèle, pour les noms d’agent, dans les expressions : Ghâfir al-dhanb (Celui qui pardonne le péché), Qâbil al-tawb (Celui qui accueille le repentir), Shadîd al-ʿiqâb (Dur en châtiment). Dans ces tournures, il ne s’agit pas d’un acte sans cesse renouvelé, mais d’une qualité constante et inaliénable ; c’est pourquoi elles servent d’attributs au nom le plus illustre, Celui d’Allah — exalté soit-Il — dans Sa parole :
« La révélation du Livre émane d’Allah, le Puissant, l’Omniscient ;
Celui qui pardonne le péché, qui agrée le repentir, qui est sévère en châtiment,
Détenteur de la grâce abondante. Nulle divinité en dehors de Lui ;
vers Lui est la destination. » ⦗Ghâfir : 2-3⦘.