Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Allah et de Son ordre. Il ne recherche qu’Allah et n’accomplit que ce qu’Allah lui commande : Dieu seul est son but, et Son commandement, Sa Loi, constituent son moyen et sa voie. Aucune équivoque (1) ne se dresse entre lui et la foi aux récits divins ; si jamais un doute (2) l’effleure, il ne fait que passer, convaincu qu’il ne saurait s’établir en lui. Nulle passion non plus ne l’empêche de poursuivre ce qui mérite l’agrément d’Allah.

Dès lors qu’un cœur est ainsi, il est indemne de toute association, indemne de toute innovation, indemne de l’égarement et indemne de la fausseté ; toutes les définitions avancées pour l’expliquer (3) se trouvent, en réalité, englobées dans cet état.

En vérité, il s’agit d’un cœur qui s’est livré à l’adoration de son Seigneur par amour, crainte et espérance ; si bien qu’il s’est consumé dans Son amour (4) à l’exclusion de tout autre amour, dans Sa crainte à l’exclusion de toute autre crainte, et dans Son espérance à l’exclusion de toute autre attente. Il s’est soumis à Son ordre et à Son Messager, en adhésion et en obéissance, comme il a été dit, et il s’est abandonné à Son décret et à Sa prédestination, sans jamais Les suspecter, Les contester ni se montrer irrité de ce qu’Il a décrété.

Il s’est donc entièrement rendu à son Seigneur, dans la docilité et l’humilité, l’abaissement et la servitude, et il a accueilli l’ensemble de Ses jugements (5).

(1) Les manuscrits N et H portent « shubha » (doute) au singulier. (2) Le texte des copies de base se lit ainsi ; il faut comprendre : « Un doute peut l’effleurer, mais il ne s’y arrête pas… ». L’expression relève ici de la conjonction d’opposition « lakin ». Si, toutefois, on la prend dans son emploi de rupture (idrab) – possible, voir Rasf al-Mabani, p. 192 –, le sens reste clair. (3) Manuscrits H et N : « yatadammanuha » (l’englobe). Cf. : Tariq al-Hijratayn, p. 75 ; Madarij al-Salikin, 2/68, 3/122, 487 ; al-Ruh, p. 605 ; Ighathat al-Lahfan, 1/7 ; Bada’i al-Fawa’id, p. 600. (4) Manuscrits H et N : « fa-huwa ghani » (il est autosuffisant). (5) Manuscrits N et H : « ahwaluhu » (ses états).
الله وأمرِه، لا يريدُ إلا الله، ولا يفعلُ إلا ما أمره الله، فالله وحده غايتُه، وأمرُه وشرعُه وسيلتُه وطريقتُه، لا تعترضه شبهةٌ (١) تحولُ بينه وبين تصديق خبره، لكنْ (٢) لا تمرُّ عليه إلا وهي مُجْتازة، تعلمُ أنه لا قرار لها فيه، ولا شهوة تحولُ بينه وبين متابعة رضاه. ومتى كان القلبُ كذلك فهو سليمٌ من الشرك، وسليمٌ من البدع، وسليمٌ من الغيِّ، وسليمٌ من الباطل، وكلُّ الأقوال التي قيلت في تفسيره فذلك ينتظمُها (٣). وحقيقتُه أنه القلبُ الذي قد سَلَّمَ لعبودية ربِّه حبًّا وخوفًا ورجاءً؛ ففَنِيَ بحبِّه (٤) عن حبِّ ما سواه، وبخوفه عن خوف ما سواه، وبرجائه عن رجاء ما سواه، وسلَّم لأمره ولرسوله تصديقًا وطاعة، كما تقدَّم، واستسلَم لقضائه وقدره فلم يتَّهِمْه ولم يُنازِعْه ولم يتسخَّط لأقداره. فأسلمَ لربِّه انقيادًا وخضوعًا، وذُلًا وعبودية، وسلَّم جميعَ أحكامه (٥)
(١) (ن، ح): «شبه». (٢) كذا في الأصول. أي: «وقد تعترضه شبهة، لكن لا تمر ... » على الاستدراك، وهو بابُ «لكنْ». فإن كانت للإضراب - وقد تأتي له، انظر: «رصف المباني» (١٩٢) - فالمعنى ظاهر. (٣) (ح، ن): «يتضمنها». وانظر: «طريق الهجرتين» (٧٥)، و «مدارج السالكين» (٢/ ٦٨، ٣/ ١٢٢، ٤٨٧)، و «الروح» (٦٠٥)، و «إغاثة اللهفان» (١/ ٧)، و «بدائع الفوائد» (٦٠٠). (٤) (ح، ن): «فهو غني». (٥) (ن، ح): «أحواله».

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