La volonté (irâda) est, dans le vocabulaire soufi, l’amour qui pousse à l’action ; elle marque le début du chemin des aspirants et la première station de ceux qui se dirigent vers Allah (1). Elle est la monture de la servitude et le fondement sur lequel celle-ci s’édifie ; sans elle, rien ne tient. Ainsi, la créature la plus accomplie dans la servitude et l’amour est celle dont la volonté est la plus parfaite (2). De ce terme a été tiré le mot « murîd » pour l’individu, et ceux qui le possèdent sont appelés les gens de la volonté. Cette expression revient fréquemment sous la plume d’Ibn al-Qayyim et de son maître.
Or la connaissance précède la volonté, l’illumine et la dirige ; c’est pourquoi l’auteur l’a traitée avant de parler de la volonté. Il rappelle d’ailleurs au lecteur ce découpage à plusieurs reprises dans l’ouvrage :
– Il dit (p. 608) : « La meilleure manière d’employer son souffle est de méditer les signes d’Allah et les merveilles de Son œuvre, puis de passer de cette contemplation à l’attachement du cœur et de l’aspiration vers Lui, à l’exclusion de tout ce qui est créé ; c’est dans cette optique que nous avons bâti ce livre sur ces deux principes. »
– Il dit encore (p. 584), à propos des sagesses liées aux créatures : « Nous présentons ici quelques chapitres épars sur ce sujet, de façon concise, quand bien même ils comporteraient des répétitions et un ordre non systématique, dans cette partie qui est l’une des plus importantes du livre, voire le cœur même de ce premier volet. »
– Et il dit (p. 855) : « Nous avons exposé un chapitre succinct montrant comment la création atteste Son unicité, les attributs de Sa perfection, les traits de Sa majesté et Ses noms les plus beaux, et nous avons voulu le conclure par cela… »