L’idée à retenir est que la guidée entraîne inévitablement le bonheur d’ici-bas, la douceur de vivre et une félicité immédiate ; c’est un fait attesté aussi bien par l’expérience sensible que par le vécu intérieur. Quant au bonheur de l’au-delà, il relève de l’invisible et ne s’appréhende que par la foi. C’est pourquoi Ibn ʿAbbâs (m. 68 H), jugeant ce bonheur plus important puisqu’il constitue le but ultime, l’a mentionné en premier. L’égarement dans ce monde, en revanche, est plus manifeste ; quiconque en est préservé est à l’abri de tout mal, car il est la racine même de l’égarement et de la misère de l’au-delà. Voilà pourquoi il l’a cité isolément. Dieu sait mieux.
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Ces deux notions (1) — l’égarement et la misère — Allah les rappelle fréquemment dans Sa Parole en affirmant qu’elles sont le lot de Ses ennemis ; inversement, Il mentionne souvent leurs contraires — la guidée et la réussite — en déclarant qu’elles constituent le partage de Ses alliés.
Premier groupe : « Les criminels sont certes dans l’égarement et la fournaise ardente » (Al-Qamar, 47) ; l’« égarement » désigne l’errance, et la « fournaise » la misère et le châtiment. Il dit encore : « Ont certes perdu ceux qui ont tenu pour mensonge la rencontre d’Allah, et ils n’étaient pas sur la bonne voie » (Yûnus, 45).
Second groupe : au début de la sourate Al-Baqarah, à propos des croyants et de leurs qualités : « Ceux-là sont sur la guidée de leur Seigneur, et ce sont eux les bienheureux » ; de même au début de la sourate Luqmân. Et dans Al-Anʿâm : « Ceux qui ont cru sans mêler leur foi d’injustice : ceux-là auront la sécurité et ce sont eux les bien-guidés » (Al-Anʿâm, 82).
Or, comme la sourate “Mère du Coran” (Al-Fâtiḥa) est la plus éminente du Coran, la plus indispensable à la récitation de la communauté, la plus exhaustive quant à ce dont le serviteur a besoin et la plus étendue dans ses bienfaits, Allah y a réuni ces deux notions :