Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

goûtons, ils nous le disputeraient l’épée à la main.»

Un autre (1) affirme : « Il est des moments où le cœur, transporté d’allégresse, se met presque à danser. »

L’un des gnostiques (2) déclara également : « Il m’arrive de vivre des instants où je me dis : si les habitants du Paradis connaissent un état comparable, ils jouissent assurément d’une vie exquise. » (3)

Quiconque médite la parole du Prophète ﷺ lorsqu’il leur interdit le wiṣāl (le jeûne continu) et qu’ils lui objectèrent : « Mais toi, tu le pratiques », puis qu’il leur répondit : « Je ne suis pas comme vous ; je demeure auprès de mon Seigneur qui me nourrit et m’abreuve » (4), comprend que cette « nourriture » et cette « boisson » sont celles des âmes : l’effusion sur elles de multiples formes de joie, de délice, d’allégresse et de félicité. Le Messager d’Allah ﷺ en occupe le sommet le plus élevé, tandis que celui qui n’en saisit que la poussière voit aussitôt la royauté de ce monde et ses agréments réduits à une poussière éparpillée, pure vanité et illusion.

Se trompe donc celui qui prétend qu’il ﷺ mangeait et buvait un aliment matériel qui sustentait son corps ; et ce pour plusieurs raisons (5) :

La première est qu’il a dit : « Je demeure auprès de mon Seigneur qui me nourrit et m’abreuve. » Or, si cela avait été un véritable repas et une boisson, il n’y aurait ni wiṣāl, ni même jeûne.

(1) Il s’agit d’Abu Sulayman ad-Darani ; voir Al-Bidaya wa’n-Nihaya, t. 14, p. 152, ainsi que Tarikh Dimashq, t. 34, p. 147. (2) Il s’agit également d’Abu Sulayman ad-Darani, attribution retenue par Ibn Kathir à l’endroit cité. (3) Variantes manuscrites : ms. H : « innahum la fi an-na‘im » ; ms. N : « la fi an‘am ‘aysh ». (4) Hadith rapporté par al-Bukhari, no 1965, et Muslim, no 1103, d’après Abu Hurayra. (5) Voir : Jam‘ al-Masail, t. 1, p. 122 ; Madarij as-Salikin, t. 3, p. 88 ; Zad al-Maad, t. 2, p. 32 et t. 4, p. 94 ; Ayman al-Qur’an, p. 579 ; ad-Da’ wa’d-Dawa’, p. 460 ; Charh Muslim d’an-Nawawi, t. 4, p. 220 ; Fath al-Bari, t. 4, p. 207 ; Lata’if al-Ma‘arif, p. 344.
عليه لجالدونا عليه بالسُّيوف». ويقول الآخر (١): «إنه لتمرُّ بالقلب أوقاتٌ يرقصُ فيها طربًا». وقال بعضُ العارفين (٢): «إنه لتمرُّ بي أوقاتٌ، أقولُ فيها: إن كان أهلُ الجنة في مثل هذا إنهم لفي عيشٍ طيِّب» (٣). ومن تأمَّل قول النبي ﷺ لمَّا نهاهم عن الوِصَال، فقالوا: إنك تُواصِل فقال: «إني لستُ كهيئتكم، إني أظلُّ عند ربي يطعمني ويسقيني» (٤)؛ عَلِمَ أنَّ هذا طعامُ الأرواح وشرابها، وما يفيضُ عليها من أنواع البهجة واللذَّة والسرور والنعيم الذي رسولُ الله ﷺ في الذروة العليا منه، وغيرُه إذا تعلَّق بغباره رأى مُلْكَ الدُّنيا ونعيمَها بالنسبة إليه هباءً منثورًا، بل باطلًا وغرورًا. وغَلِط من قال: إنه كان يأكلُ ويشربُ طعامًا وشرابًا يغتذي به بدنُه؛ لوجوه (٥): أحدُها: أنه قال: «أظلُّ عند ربي يطعمني ويسقيني»، ولو كان أكلًا وشربًا لم يكن وصالًا ولا صومًا.
(١) هو أبو سليمان الداراني. في «البداية والنهاية» (١٤/ ١٥٢). وانظر: «تاريخ دمشق» (٣٤/ ١٤٧). (٢) هو أبو سليمان الداراني. نسبه إليه ابن كثير في الموضع السابق. (٣) وفي (ح): «إنهم لفي النعيم». وفي (ن): «لفي أنعم عيش». (٤) أخرجه البخاري (١٩٦٥)، ومسلم (١١٠٣) من حديث أبي هريرة. (٥) انظر: «جامع المسائل» (١/ ١٢٢)، و «مدارج السالكين» (٣/ ٨٨)، و «زاد المعاد» (٢/ ٣٢، ٤/ ٩٤)، و «أيمان القرآن» (٥٧٩)، و «الداء والدواء» (٤٦٠)، و «شرح مسلم» للنووي (٤/ ٢٢٠)، و «فتح الباري» (٤/ ٢٠٧)، و «لطائف المعارف» (٣٤٤).

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