goûtons, ils nous le disputeraient l’épée à la main.»
Un autre (1) affirme : « Il est des moments où le cœur, transporté d’allégresse, se met presque à danser. »
L’un des gnostiques (2) déclara également : « Il m’arrive de vivre des instants où je me dis : si les habitants du Paradis connaissent un état comparable, ils jouissent assurément d’une vie exquise. » (3)
Quiconque médite la parole du Prophète ﷺ lorsqu’il leur interdit le wiṣāl (le jeûne continu) et qu’ils lui objectèrent : « Mais toi, tu le pratiques », puis qu’il leur répondit : « Je ne suis pas comme vous ; je demeure auprès de mon Seigneur qui me nourrit et m’abreuve » (4), comprend que cette « nourriture » et cette « boisson » sont celles des âmes : l’effusion sur elles de multiples formes de joie, de délice, d’allégresse et de félicité. Le Messager d’Allah ﷺ en occupe le sommet le plus élevé, tandis que celui qui n’en saisit que la poussière voit aussitôt la royauté de ce monde et ses agréments réduits à une poussière éparpillée, pure vanité et illusion.
Se trompe donc celui qui prétend qu’il ﷺ mangeait et buvait un aliment matériel qui sustentait son corps ; et ce pour plusieurs raisons (5) :
La première est qu’il a dit : « Je demeure auprès de mon Seigneur qui me nourrit et m’abreuve. » Or, si cela avait été un véritable repas et une boisson, il n’y aurait ni wiṣāl, ni même jeûne.