Quant à la négation du malheur dans ce bas-monde, on peut dire ceci : du moment que l’égarement y a été écarté (1) et que la guidée lui a été accordée, or cette guidée apporte la fraîcheur de la certitude, la quiétude du cœur, la saveur de la foi goûtée et la douceur de son arôme (2), la joie qu’elle insuffle au cœur, son allégresse et la jouissance qui l’accompagne ; elle fait du cœur un être vivant par la foi, illuminé par elle, fortifié par elle ; il y trouve sa nourriture et son remède, sa guérison et sa vie, sa lumière et sa vigueur, son plaisir et sa félicité : autant d’éléments qui constituent la plus noble des délices (3), la quintessence des bienfaits et la plus haute des jouissances.
Allah — exalté soit-Il — dit : « Quiconque, homme ou femme, accomplit une œuvre vertueuse tout en étant croyant, Nous le ferons assurément vivre d’une vie bonne, et Nous les rétribuerons selon le meilleur de ce qu’ils faisaient. » [An-Nahl : 97]. Voilà l’annonce du plus véridique des véridiques ; pour ceux qui en sont les dépositaires, son contenu relève de l’évidence même, mieux encore : de la certitude absolue. Il est donc inévitable que tout homme ou toute femme qui agit d’une manière vertueuse tout en étant croyant (4) voie Allah lui accorder, à la mesure de sa foi et de ses œuvres, une vie bonne.
Cependant, les cœurs rudes et grossiers se méprennent sur ce que recouvre l’expression « vie bonne » : ils l’assimilent au fait de jouir de toutes sortes de mets, de boissons, de vêtements ou de compagnons, ou encore à la volupté que procurent prestige, richesse, domination sur les ennemis et variété de plaisirs sensuels ; il ne fait pourtant aucun doute que ce genre de jouissance est commun à