qu’il ne s’égare pas dans ce monde ni n’y soit misérable, et qu’il ne s’égare pas non plus dans l’Au-delà ni n’y soit malheureux ; car on distingue en tout quatre degrés : la guidée et le bonheur (1) dans la vie d’ici-bas, puis la guidée et le bonheur (2) dans l’Au-delà.
Cependant, Ibn ʿAbbâs — qu’Allah lui accorde Sa satisfaction — a, pour chaque demeure (3), retenu le degré le plus manifeste : il a évoqué l’égarement ici-bas, parce qu’il nous est plus évident et plus proche que l’égarement dans l’Au-delà ; et il a mentionné la misère dans l’Au-delà, car elle frappe davantage les esprits que l’égarement qui s’y produit, beaucoup de gens n’arrivant même pas à se représenter la réalité de cet égarement futur. Par ailleurs, l’égarement terrestre est la racine de l’égarement dans l’Au-delà, et la misère eschatologique implique nécessairement l’égarement qui l’accompagne.
Ainsi, chaque degré renvoie à l’autre : la négation de l’égarement ici-bas annonce celle de l’égarement dans l’Au-delà, puisque le serviteur meurt dans l’état où il a vécu et sera ressuscité dans l’état où il est mort. Allah — exalté soit-Il — dit encore : « Quiconque se détourne de Mon rappel mènera une vie étroite, et Nous le ressusciterons au Jour de la Résurrection aveugle ; (124) il dira : “Seigneur, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors qu’auparavant je voyais ?” (125) Il dira : “De même que Nos signes te sont venus et que tu les as oubliés, aujourd’hui tu seras oublié.” » [Ta-Hâ : 124-126].
Et Il dit aussi : « Quiconque est aveugle en cette vie sera aveugle dans l’Au-delà, et plus égaré encore quant au chemin. » [Al-Isrâ’ : 72]. Il en ressort que celui qui demeure dans cette vie dans l’égarement sera, dans l’Au-delà, plus égaré encore.