En somme, Allah — exalté soit-Il — a fait du suivi de Sa guidée et de l’alliance qu’Il conclut avec Adam la cause suffisante pour qu’aucune crainte ni tristesse, aucun égarement ni malheur ne touchent l’homme. Cette rétribution est indissociable de la condition : elle subsiste tant que celle-ci subsiste et disparaît lorsqu’elle vient à manquer, comme on l’a expliqué plus haut.
Retirer la peur et le chagrin à celui qui suit la guidée revient, en réalité, à écarter toutes les formes de mal. En effet, tout désagrément qui menace le serviteur, dès qu’il apprend qu’il est imminent, il le redoute ; et lorsqu’il se réalise, il en est affligé. Il vit donc constamment entre crainte et tristesse : tout (1) craintif est chagriné, tout chagriné est craintif, et la peur comme la peine portent (2) soit sur la privation de l’aimé, soit sur la survenue du détesté.
Quatre cas en résultent : la crainte de manquer ce qui est aimé, la crainte de voir advenir ce qui est haï, le chagrin d’avoir perdu ce qui est aimé et le chagrin causé par l’apparition de ce qui est haï (3). Tel est le condensé de tout mal.
Or Allah, exalté soit-Il, a ôté tout cela à celui qui suit la guidée qu’Il a révélée par la bouche de Ses messagers. Pour nier la peur, le texte recourt au nom qui exprime l’absence de permanence et de fixation (4), car les gens du Paradis ont nécessairement connu la crainte dans ce bas-monde, dans le barzakh et au Jour de la Résurrection, lorsque Adam et les autres prophètes diront : « Moi, moi ! ». Il les informe donc que, même s’ils ont eu peur, aucune peur ne pèsera plus sur eux : le danger qu’ils redoutaient ne les atteindra pas.
Pour nier la tristesse, le texte emploie le verbe à l’inaccompli, qui indique qu’aucune nouvelle manifestation de peine ne se renouvelle