Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En somme, Allah — exalté soit-Il — a fait du suivi de Sa guidée et de l’alliance qu’Il conclut avec Adam la cause suffisante pour qu’aucune crainte ni tristesse, aucun égarement ni malheur ne touchent l’homme. Cette rétribution est indissociable de la condition : elle subsiste tant que celle-ci subsiste et disparaît lorsqu’elle vient à manquer, comme on l’a expliqué plus haut.

Retirer la peur et le chagrin à celui qui suit la guidée revient, en réalité, à écarter toutes les formes de mal. En effet, tout désagrément qui menace le serviteur, dès qu’il apprend qu’il est imminent, il le redoute ; et lorsqu’il se réalise, il en est affligé. Il vit donc constamment entre crainte et tristesse : tout (1) craintif est chagriné, tout chagriné est craintif, et la peur comme la peine portent (2) soit sur la privation de l’aimé, soit sur la survenue du détesté.

Quatre cas en résultent : la crainte de manquer ce qui est aimé, la crainte de voir advenir ce qui est haï, le chagrin d’avoir perdu ce qui est aimé et le chagrin causé par l’apparition de ce qui est haï (3). Tel est le condensé de tout mal.

Or Allah, exalté soit-Il, a ôté tout cela à celui qui suit la guidée qu’Il a révélée par la bouche de Ses messagers. Pour nier la peur, le texte recourt au nom qui exprime l’absence de permanence et de fixation (4), car les gens du Paradis ont nécessairement connu la crainte dans ce bas-monde, dans le barzakh et au Jour de la Résurrection, lorsque Adam et les autres prophètes diront : « Moi, moi ! ». Il les informe donc que, même s’ils ont eu peur, aucune peur ne pèsera plus sur eux : le danger qu’ils redoutaient ne les atteindra pas.

Pour nier la tristesse, le texte emploie le verbe à l’inaccompli, qui indique qu’aucune nouvelle manifestation de peine ne se renouvelle

(1) Les manuscrits T et Q portent : « wa-kull ». (2) Les copies de base donnent « fa‘ala », leçon fautive ; la bonne lecture sera indiquée plus loin. (3) L’expression « wa-huznun ‘alā fawti al-maḥbūb wa-ḥuṣūli al-makrūh » (chagrin causé par la perte de l’aimé et l’obtention de ce qui est détesté) provient du manuscrit T. (4) À propos de la parole divine : « fa-lā khawfun ‘alayhim » (Coran 2 : 38).
والمقصودُ أنَّ الله سبحانه جعل اتباعَ هداه وعَهْده الذي عَهِدَه إلى آدم سببًا ومقتضيًا لعدم الخوف والحزن، والضلال والشقاء، وهذا الجزاءُ ثابتٌ بثبوت الشرط، مُنْتَفٍ بانتفائه، كما تقدَّم بيانُه. ونفيُ الخوف والحزن عن متَّبع الهدى نفيٌ لجميع أنواع الشرور؛ فإنَّ المكروهَ الذي ينزلُ بالعبد متى عَلِمَ بحصوله فهو خائفٌ منه أن يقع به، وإذا وقع به فهو حزينٌ على ما أصابه منه، فهو دائمًا في خوفٍ وحزن، فكلُّ (١) خائفٍ حزينٌ، وكلُّ حزينٍ خائفٌ، وكلٌّ من الخوف والحزن يكونُ على فوت (٢) المحبوب وحصول المكروه. فالأقسامُ أربعة: خوفٌ من فَوْت المحبوب وحصول المكروه، وحزنٌ على فَوْت المحبوب وحصول المكروه (٣)، وهذا جماعُ الشرِّ كلِّه. فنفى الله سبحانه ذلك عن متَّبع هداه الذي أنزله على ألسنة رسله، وأتى في نفي الخوف بالاسم الدَّالِّ على نفي الثبوت واللزوم (٤)، فإنَّ أهلَ الجنة لا بدَّ لهم من الخوف في الدنيا، وفي البرزخ، ويوم القيامة حيثُ يقولُ آدمُ وغيره من الأنبياء: «نفسي، نفسي»؛ فأخبر سبحانه أنهم وإن خافوا فلا خوفٌ عليهم، أي: لا يلحقُهم الخوفُ الذي خافوا منه. وأتى في نفي الحزن بالفعل المضارع الدَّالِّ على نفي التجدُّد
(١) (ت، ق): «وكل». (٢) في الأصول: «فعل». وهو تحريف. وسيأتي على الصواب. (٣) قوله: «وحزن على فوت المحبوب وحصول المكروه» من (ت). (٤) في قوله عزَّ شأنه: ﴿فَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ﴾ [البقرة: ٣٨].

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