la conséquence ; dès lors, si la condition se réalise, la conséquence se réalise également, car celle-ci lui est inséparable : l’existence de l’antécédent implique celle du conséquent, tandis que son absence n’entraîne pas nécessairement l’absence de la conséquence.
Si cette condition intervient entre une cause et son effet, et si la règle peut être fondée sur plusieurs causes, l’énoncé reste valable et la conséquence peut alors être plus générale que la condition. On dira ainsi : « S’il est apostat, son sang est licite », la licéité du sang étant plus vaste que la seule licéité résultant de l’apostasie. À moins qu’on ne rétorque : « Le jugement attaché à une cause déterminée disparaît avec elle ; si le même jugement subsiste en vertu d’une autre cause, il s’agit en réalité d’un autre jugement. Quant au jugement propre à la cause déterminée, il est impossible qu’il demeure (1) après sa disparition. » Dans cette hypothèse, la corrélation redevient bilatérale : l’existence de l’une ou l’autre, condition ou conséquence, entraîne l’existence de son corollaire, et leur absence réciproque implique leur disparition.
La question se cristallise dans le débat bien connu sur la possibilité d’expliquer un même jugement par deux causes. La conclusion décisive est la suivante : lorsqu’un jugement n’est qu’un par son espèce – comme la licéité du sang, l’acquisition de la propriété ou l’invalidation de la pureté rituelle –, on peut le rattacher à diverses causes. En revanche, lorsqu’il est unique dans son cas précis – telle la licéité du sang en raison de l’apostasie ou l’acquisition de la propriété par la vente ou par l’héritage –, il n’est pas admissible de l’attribuer à deux causes différentes. Cette distinction dissipe toute confusion sur la question. Allah sait mieux.
Quiconque examine les arguments des deux camps constatera que tout ce qu’invoquent les partisans de la pluralité des causes ne prouve, en définitive, que la possibilité d’attribuer plusieurs causes à un jugement unique par son espèce, tandis que ceux qui la nient n’établissent réellement que l’impossibilité de rapporter à deux causes un jugement unique dans son cas précis. Ainsi, en dernière analyse, les deux opinions se rejoignent en un même principe (2).