Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

— selon un autre avis. Quoi qu’il en soit, l’apodose demeure une phrase performative.

Il s’agit maintenant de souligner que, dans le verset cité, la réponse à la condition est elle-même une proposition conditionnelle : « Quiconque suit Ma direction, ils n’auront rien à craindre et ils ne seront point affligés. » Ce lien conditionnel fait dépendre la première proposition de la seconde comme la cause de son effet, ou le moyen de son résultat ; la condition, qui tient lieu de cause nécessaire, appelle le jugement, lequel en est la conséquence logique.

Si la corrélation est bilatérale, l’existence de l’un sans l’autre est impossible (1) : ainsi, l’accès au Paradis suppose l’islam, et l’absence de peur, de chagrin, d’égarement et de malheur suppose la conformité à la guidée.

Telle est, de façon générale (2), la nature des conditions énoncées dans le Coran et la sunna : elles constituent des causes et des motifs, et la règle s’évanouit lorsque sa raison d’être disparaît.

Lorsqu’en revanche la corrélation n’est que dans un sens, la condition est un préalable particulier tandis que la conséquence est de portée générale ; dès que le préalable particulier se réalise, la conséquence générale s’ensuit, l’inverse n’étant pas obligatoire. On dira par exemple : « Si cela est un être humain, c’est un animal » ; ou : « Si la vente est valable, la propriété est acquise. »

Tel est le cas le plus fréquent dans le qiyâs al-dalâla (3), où la condition sert d’indice à

(1) Les manuscrits T, N et Q lisent : « sans l’intervention de l’autre », tandis que le manuscrit H porte : « sans l’autre ». (2) Manuscrit T : « c’est la fin (la limite) ». (3) Il s’agit de l’un des trois types de qiyas (raisonnement analogique) fondés sur la ‘illa (cause juridique) ; on y considère que le lien entre le cas d’origine et le cas nouveau réside dans une conséquence nécessaire, un effet ou la règle même de la cause. Voir : al-Luma‘, p. 288.
الشرط ــ على رأيٍ آخر ــ. وعلى التقديرين، فجوابُ الشرط جملةٌ إنشائية. والمقصودُ أنَّ جواب الشرط في الآية المذكورة جملةٌ شرطية، وهي قولُه تعالى: ﴿فَمَنْ تَبِعَ هُدَايَ فَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ﴾، وهذا الشرطُ يقتضي ارتباط الجملة الأولى بالثانية ارتباطَ العلة بالمعلول، والسبب بالمسبَّب، فيكونُ الشرطُ الذي هو ملزومٌ علَّةً ومقتضيًا للجزاء الذي هو لازم. فإن كان بينهما تلازمٌ من الطرفين كان وجودُ كلٍّ منهما بدون وجود الآخر (١) ممتنعًا، كدخول الجنة بالإسلام، وارتفاع الخوف والحزن والضلال والشقاء مع متابعة الهدى. وهذه عامةُ (٢) شروط القرآن والسنة؛ فإنها أسبابٌ وعِلَل، والحكمُ ينتفي بانتفاء علَّته. وإن كان التلازمُ بينهما من أحد الطرفين كان الشرطُ ملزومًا خاصًّا والجزاءُ لازمًا عامًّا، فمتى تحقَّق الشرطُ الملزومُ الخاصُّ تحقَّق الجزاءُ اللازمُ العامُّ، ولا يلزم العكس، كما يقال: إن كان هذا إنسانًا فهو حيوان، وإن كان البيعُ صحيحًا فالملكُ ثابت. وهذا غالبُ ما يأتي في قياس الدَّلالة (٣)، حيث يكونُ الشرطُ دليلًا على
(١) (ت، ن، ق): «بدون دخول الآخر». (ح): «بدون الآخر». (٢) (ت): «هي غاية». (٣) وهو أحد أقسام القياس الثلاثة باعتبار العلة. والمرادُ به: ما كان الجامعُ فيه بين الفرع والأصل هو لازم العلة، أو أثرها، أو حكمها. انظر: «اللمع» (٢٨٨).

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