— selon un autre avis. Quoi qu’il en soit, l’apodose demeure une phrase performative.
Il s’agit maintenant de souligner que, dans le verset cité, la réponse à la condition est elle-même une proposition conditionnelle : « Quiconque suit Ma direction, ils n’auront rien à craindre et ils ne seront point affligés. » Ce lien conditionnel fait dépendre la première proposition de la seconde comme la cause de son effet, ou le moyen de son résultat ; la condition, qui tient lieu de cause nécessaire, appelle le jugement, lequel en est la conséquence logique.
Si la corrélation est bilatérale, l’existence de l’un sans l’autre est impossible (1) : ainsi, l’accès au Paradis suppose l’islam, et l’absence de peur, de chagrin, d’égarement et de malheur suppose la conformité à la guidée.
Telle est, de façon générale (2), la nature des conditions énoncées dans le Coran et la sunna : elles constituent des causes et des motifs, et la règle s’évanouit lorsque sa raison d’être disparaît.
Lorsqu’en revanche la corrélation n’est que dans un sens, la condition est un préalable particulier tandis que la conséquence est de portée générale ; dès que le préalable particulier se réalise, la conséquence générale s’ensuit, l’inverse n’étant pas obligatoire. On dira par exemple : « Si cela est un être humain, c’est un animal » ; ou : « Si la vente est valable, la propriété est acquise. »
Tel est le cas le plus fréquent dans le qiyâs al-dalâla (3), où la condition sert d’indice à