Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

— De tels vergers ?!

Il ne fait aucun doute que Moïse était trop savant et trop éminent pour blâmer Adam de s’être fait chasser, lui et sa descendance, d’un simple verger de cette sorte ; mais qui donc a jamais soutenu pareille idée ?

En réalité, il s’agissait d’un Jardin à l’abri de tout fléau ; ses fruits ne se tarissaient pas, ses rivières ne s’asséchaient pas ; celui qui l’habitait n’y connaissait ni la faim ni la soif, ne subissait ni l’ardeur du soleil ni la nudité, et n’y éprouvait ni peine, ni fatigue, ni malheur. D’un tel Jardin, il est compréhensible de reprocher à l’homme d’avoir causé son exclusion.

Ils poursuivent : Quant à l’excuse qu’Adam présentera, le Jour dernier, aux gens du rassemblement, lorsqu’il dira que c’est sa faute qui les a fait sortir (1) du Jardin et qu’il ne lui sied donc pas d’en solliciter l’ouverture pour eux, cela n’implique nullement qu’il s’agisse du même Jardin dont il a été expulsé. Bien au contraire : si c’en est un autre, l’argument n’en est que plus fort ; car, si le bannissement d’un Jardin autre que celui de la félicité éternelle est déjà la conséquence du péché, comment lui conviendrait‐il de demander l’entrée du Jardin éternel et d’y intercéder alors qu’il a été chassé d’un autre pour un péché ?

Voilà où s’arrêtent les considérations des deux camps et où prennent fin les pas des deux factions. Que quiconque possède (2) quelque surplus de science sur cette question le mette donc à disposition : l’heure en est venue. Et que celui qui connaît la limite de sa propre avance et la maigreur de son bagage s’en remette à celui qui sait, sans se complaire dans la dépréciation (3) et le dénigrement ; qu’il soit plutôt de ceux qui, postés sur les hauteurs, observent la bataille.

(1) Ainsi dans les manuscrits de base ; le manuscrit (Ṭ) lit : « akhrajat-hu » (« il l’en fit sortir »). (2) Le manuscrit (Q) lit : « lahu » (« pour lui »). (3) Le manuscrit (Q) lit : « bi-t-tanqîs » (« en le dépréciant ») ; le manuscrit (T) porte : « bi-n-naqîs wa-l-izrâ’ bi-n-nuqs ‘alayhi » (« par la dépréciation et le mépris liés à son défaut »).
هذه البساتين؟! ولا ريب أنَّ موسى ﵊ أعلمُ وأجلُّ من أن يلوم آدم على خروجه وإخراج بنيه من بستانٍ هذا شأنه، ولكنْ من قال بهذا؟! وإنما كانت جنةً لا تلحقُها آفة، ولا تنقطعُ ثمارُها، ولا تغورُ أنهارُها، ولا يجوعُ ساكنُها ولا يظمى، ولا يضحى للشمس ولا يعرى، ولا يمسُّه فيها التعبُ والنصبُ والشقاء، ومثلُ هذه الجنة يَحْسُنُ لومُ الإنسان على التسبُّب في خروجه منها. قالوا: وأما اعتذارُ آدم ﷺ يوم القيامة لأهل الموقف بأنَّ خطيئتَه هي التي أخرجتهم (١) من الجنة، فلا يَحْسُنُ أن يستفتحَها لهم؛ فهذا لا يستلزمُ أن تكونَ هي بعينها التي أُخرِجَ منها، بل إذا كانت غيرَها كان أبلغَ في الاعتذار؛ فإنه إذا كان الخروجُ من غير جنة الخُلد حصل بسبب الخطيئة، فكيف يليقُ استفتاحُ جنة الخُلد والشفاعةُ فيها وقد خَرَج من غيرها بخطيئة؟! فهذا موقفُ نظر الفريقين، ونهايةُ أقدام الطائفتين، فمن كان عنده (٢) فضلُ علمٍ في هذه المسألة فَلْيَجُدْ به، فهذا وقتُ الحاجة إليه، ومن عَلِمَ منتهى خطوته، ومقدار بضاعته، فَلْيكِل الأمرَ إلى عالمه، ولا يرضى لنفسه بالتنقُّصِ (٣) والإزراء عليه، وليكن من أهل التُّلول الذين هم نَظَّارةُ الحرب،
(١) كذا في الأصول. وفي (ط): «أخرجته». (٢) (ق): «له». (٣) (ق): «بالتنقيص». وفي (ت): «بالنقيص والإزارء بالنقص عليه».

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