Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

le Jardin dans lequel Adam faillit succomber, que le diable abusa et dans lequel il lui prêta un serment mensonger, soit celui même d’où il fut ensuite déchu ; bien au contraire, le Coran indique qu’il s’agissait d’un autre Jardin, comme nous l’avons expliqué.

Ainsi, dans l’une comme dans l’autre hypothèse, le verset ne prouve nullement que le Jardin où se déroula l’épisode entre Adam et Iblîs soit le Paradis d’éternité.

Ils disent : Quant à votre affirmation selon laquelle les fils d’Israël se trouvaient sur les monts de la Sharâ, dominant la terre où ils devaient descendre, et qu’ils étaient alors en marche et en voyage, raison pour laquelle il leur fut dit : « Descendez », nous la reconnaissons sans conteste, et c’est précisément une preuve pour nous ; car le verbe « descendre » montre seulement que ce Jardin était situé plus haut que la terre où ils furent envoyés, non pas qu’il fût le Paradis d’éternité.

Ils poursuivent : La distinction que vous introduisez entre : « Descendez dans une cité » et : « Descendez-en », en prétendant que la première formule marque l’achèvement de la descente alors que la seconde n’en indique que le début, n’a aucune portée dans notre controverse ; « descendre de… à… » signifie simplement passer d’un lieu élevé à un lieu plus bas. Quel rapport peuvent donc avoir le point de départ ou le terme de la descente avec la prétendue identification de ce lieu comme étant le Paradis d’éternité ?

Ils ajoutent : Le récit où Moïse blâme Adam de l’avoir fait sortir du Jardin ne démontre pas davantage qu’il s’agissait du Paradis d’éternité.

Quant à votre remarque : « Il est impensable que Moïse reproche à Adam d’avoir fait sortir lui-même et sa descendance d’un simple verger terrestre », elle n’est qu’un artifice polémique sans valeur. Pensez-vous qu’il s’agît d’un jardin ordinaire, semblable à l’un de ces vergers clôturés, soumis aux fléaux, à la peine et à la fatigue, à la soif et à l’ardeur du soleil (1), à l’arrosage, à la pollinisation et aux multiples travaux éreintants qui les accompagnent ?

(1) Le verbe daha (yadḥā, duḥiyyan) signifie : « être frappé par l’ardeur du soleil ». Voir Lisān al-ʿArab, s.v. daha.
تكونَ الجنةُ التي كاد فيها آدمَ وغرَّه وقاسَمه كاذبًا هي تلك التي أُهبِط منها، بل القرآنُ يدلُّ على أنها غيرها، كما ذكرناه. فعلى التقديرين، لا تدلُّ الآيةُ على أنَّ الجنةَ التي جرى لآدمَ مع إبليس ما جرى فيها هي جنةُ الخُلد. قالوا: وأمَّا قولكم: إنَّ بني إسرائيل كانوا بجبال الشَّراة المُشْرِفَة على الأرض التي يهبطون إليها، وهم كانوا يسيرون ويرحلون، فلذلك قيل لهم: ﴿اهْبِطُوا﴾ = فهذا حقٌّ لا ننازعكم فيه، وهو بعينه جوابٌ لنا؛ فإنَّ الهبوطَ يدلُّ على أنَّ تلك الجنةَ كانت أعلى من الأرض التي أُهبِطُوا إليها، وأمَّا كونُها جنةَ الخُلد فلا. قالوا: والفرقُ بين قوله: ﴿اهْبِطُوا مِصْرًا﴾ وقوله: ﴿اهْبِطُوا مِنْهَا﴾ بأنَّ الأول متضمِّنٌ لنهاية الهبوط وغايته، و ﴿اهْبِطُوا مِنْهَا﴾ متضمِّنٌ لمبدئه وأوله= لا تأثير له فيما نحن فيه؛ فإنَّ «هبَط من كذا إلى كذا» يتضمنُ معنى الانتقال من مكانٍ عالٍ إلى مكانٍ سافل، فأيُّ تأثيرٍ لابتداء الغاية ونهايتها في تعيين محلِّ الهبوط بأنه جنةُ الخُلد؟! قالوا: وأمَّا قصةُ موسى ولَوْمِه لآدم على إخراجه من الجنة، فلا يدلُّ على أنها جنةُ الخُلد. وقولُكم: «لا يُظَنُّ بموسى أنه يلومُ آدمَ على إخراجه نفسَه وذريتَه من بستانٍ في الأرض» تشنيعٌ لا يفيد شيئًا؛ أفترى كان ذلك بستانًا مثل آحاد هذه البساتين المقطوعة الممنوعة، التي هي عُرْضةُ الآفات، والتعب والنَّصَب، والظَّمأ والضُّحِيِّ (١)، والسَّقي والتلقيح، وسائر وجوه النَّصَب الذي يلحقُ
(١) ضحا الرجلُ، يَضْحَى، ضُحِيًّا: إذا أصابه حرُّ الشمس. «اللسان» (ضحا).

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