Paradis, et non n’importe quelle contrée que l’on appellerait « terre ». Leur première demeure se situait, en effet, sur la terre du Jardin ; puis ils passèrent sur la terre de l’épreuve et de la mise à l’épreuve ; enfin, au Jour de la rétribution, la demeure des croyants sera de nouveau la terre du Jardin. L’énoncé ne permet donc pas d’affirmer que le Jardin d’Adam était le Paradis d’éternité.
Ils disent : Tel est précisément le même éclaircissement que nous opposons à votre argument fondé sur cette parole du Très-Haut : « Là, vous vivrez ; là, vous mourrez ; et de là, l’on vous fera sortir. » (al-Aʿrāf, 25). Ce verset vise la terre vers laquelle ils ont été précipités et qui leur fut assignée comme demeure à la place du Jardin ; il explique ainsi le « séjour » mentionné dans al-Baqarah, tout en comportant la mention de l’extraction (1) hors de cette terre.
Ils poursuivent : Quant à la parole adressée à Iblîs : « Descends-en ; tu n’as pas à t’enfler d’orgueil en son sein » (al-Aʿrâf, 13), et à votre affirmation selon laquelle cela ne concernerait que le Jardin situé au ciel — puisqu’en revanche, dans le jardin terrestre, il n’aurait pas été interdit à Iblîs de s’enorgueillir —, ce verset constitue en réalité une preuve en notre faveur. Le Paradis d’éternité est, en effet, totalement inaccessible à Iblîs ; il ne peut ni y pénétrer ni s’y enorgueillir. Or le Très-Haut nous apprend qu’il a soufflé des suggestions à Adam et à son épouse, leur a menti, les a trompés, les a trahis, s’est montré hautain à leur égard et les a enviés, alors qu’ils se trouvaient dans le Jardin. Il s’ensuit que ce Jardin n’était pas le Paradis d’éternité ; il est impensable qu’Iblîs y soit monté après avoir été précipité et expulsé.
Ils ajoutent : Dans l’expression « Descends-en », le pronom peut renvoyer soit au ciel — selon l’un des avis. Dans ce cas, le Tout-Puissant aurait fait descendre Iblîs du ciel immédiatement après son refus de se prosterner, lui déclarant qu’il ne lui appartenait pas de s’y enorgueillir ; ensuite, Iblîs s’enorgueillit, mentit et trahit dans le Jardin, preuve quudit Jardin ne se trouvait pas au ciel. Soit, selon l’autre avis, le pronom renvoie au Jardin même, et il ne s’ensuit nullement que