Ils poursuivent : « Il n’existe, de la part d’aucun Compagnon, ni d’un Successeur, ni d’un Successeur de Successeur (1), aucun récit – qu’il soit à chaîne continue, isolé ou simplement répandu – témoignant que le Prophète ﷺ ait déclaré : “Dieu – exalté soit-Il – installa Adam dans le Paradis d’éternité, lequel est la demeure des pieux au Jour du Retour.”
Ils ajoutent : « Le juge Munḏir b. Saʿīd a rapporté, de plusieurs Anciens, qu’il ne s’agit pas du Paradis d’éternité. Et nous sommes en mesure de vous citer Abū Ḥanīfa, le juriste d’Irak, ainsi que ceux qui partagent son avis : tous affirment que le Paradis d’Adam, créé par Dieu, n’est pas le Paradis d’éternité. Or personne, parmi les savants (2), ne les classe parmi les marginaux ; ils comptent plutôt parmi les chefs de file des écoles opposées, et les recueils débordent de leurs enseignements. »
Nous avons déjà mentionné la parole d’Ibn ʿUyayna.
Ibn Muzayn (3) rapporte dans son Tafsīr : « J’ai interrogé Ibn Nāfiʿ (4) au sujet de… »
(1) Les manuscrits D, Q, H et T portent : « tâbiʿ at-tâbiʿ » (le successeur du successeur).
(2) Les manuscrits H, T et N lisent : « al-ʿulamâʾ » (les savants).
(3) Yaḥyâ b. Ibrâhîm b. Muzin, juriste andalou de Tolède (m. 260 H), reconnu pour sa maîtrise du Muwaṭṭaʾ de Mâlik et pour les ouvrages qu’il lui a consacrés, dont « Tafsîr al-Muwaṭṭaʾ » — l’ouvrage visé ici. Les auteurs malékites le citent tantôt sous le simple titre « at-Tafsîr », tantôt sous « Tafsîr al-Muwaṭṭaʾ ». Un extrait en sera rapporté p. 389. On ne sait si l’auteur l’a consulté directement ou par intermédiaire ; la présente citation semble plutôt passer par al-Mundhir b. Saʿîd. Bio-bibliographie : Târîkh ʿUlamâʾ al-Andalus, 2/181 ; Tartîb al-Madârik, 4/238, etc.
(4) ʿAbd Allâh b. Nâfiʿ al-Zubayrî, juriste, disciple de Mâlik (m. 216 H). Bio-bibliographie : Tartîb al-Madârik, 3/145 ; Siyar, 10/374. Il ne s’agit vraisemblablement pas de ʿAbd Allâh b. Nâfiʿ aṣ-Ṣâʾigh, qu’Ibn Muzin était trop jeune pour côtoyer. Les deux transmetteurs sont souvent confondus par les fuqahâʾ, comme le signale Qâḍî ʿIyâḍ dans l’introduction de Tartîb al-Madârik, 1/17.