du Paradis, c’est-à-dire les soucis et les difficultés qu’entraîna pour lui-même et pour sa descendance l’expulsion de ce Jardin ; or, si celui-ci n’avait été qu’un verger situé sur la terre, un autre des vergers terrestres aurait pu le remplacer, et Moïse — sur lui la paix — est trop éminent pour le blâmer d’avoir fait sortir, lui et sa postérité, d’un simple verger d’ici-bas. »
Ils poursuivent : « De même, la parole qu’Adam adressera, le Jour de la Résurrection, lorsque les hommes rechercheront son intercession pour que la porte du Paradis leur soit ouverte, et qu’il dira : « Qu’est-ce qui vous en a fait sortir, sinon la faute de votre père ? », montre clairement qu’il s’agit du Paradis d’éternité ; il s’excuse en effet, estimant qu’il ne lui sied pas de solliciter l’ouverture d’une porte dont il a été expulsé à cause de sa propre faute : voilà là l’une des preuves les plus manifestes. »
Les premiers répondent : « Quant à votre affirmation : “Celui qui soutient qu’il s’agit d’un Paradis terrestre appartient aux philosophes hétérodoxes, aux impies, aux muʿtazilites ou à leurs semblables”, nous vous avons cité (1) quelqu’un qui l’a effectivement affirmé, et il n’appartient à aucun de ces groupes.
Le fait que des gens de l’erreur partagent une opinion avec celui qui est dans le vrai ne prouve en rien la fausseté de cette opinion ; son attribution à ces gens-là (2) ne saurait donc l’annuler, tant qu’elle ne leur est pas exclusive (3).
Si vous prétendez que seuls ces groupes l’ont professée, cela est inexact ; et si vous entendez simplement qu’ils comptent parmi ceux qui la défendent, cela ne vous sert à rien.
Ils ajoutent encore : « Quant à votre propos : “Les prédécesseurs de la communauté et ses imams sont unanimes à rejeter cette opinion”, nous exigeons de votre part une chaîne de transmission authentique imputant ce rejet à ne serait-ce qu’un seul Compagnon, puis à l’un quelconque des imams du salaf — a fortiori une unanimité entre eux. »